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Ludwig Wittgenstein
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Le tractatus logico-philosophicus de ludwig wittgenstein, qu'il se trouve ou non donner la vérité dernière sur les matières qu'il traite, mérite certainement, par son ampleur, son étendue et sa profondeur, d'être considéré comme un événement, important dans le monde philosophique.
Débutant à partir des principes du symbolisme et des rapports qui sont nécessaires entre les mots et les choses dans tout langage, il applique le résultat de ses recherches aux différents domaines de la philosophie traditionnelle, montrant dans chaque cas comment la philosophie traditionnelle et les solutions traditionnelles naissent de l'ignorance des principes du symbolisme et du mauvais usage du langage.
La structure logique des propositions et la nature de l'inférence logique sont d'abord traitées. ensuite, nous passons successivement à la théorie de la connaissance, aux principes de la physique, à l'ethique et enfin à la mystique.
Bertrand russell
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Oeuvre maîtresse de ce que les spécialistes appellent «la seconde manière wittgensteinienne», les Recherches philosophiques ont été à maintes reprises remises sur le métier par leur auteur au point qu'elles ne sont pas un texte achevé.Publiées en 1953 après la mort de Wittgenstein par deux de ses exécuteurs littéraires, les Recherches se sont très vite imposées non seulement comme un texte de référence en philosophie du langage, mais aussi comme un classique de la philosophie contemporaine. Par leur refus catégorique de toute théorie de la signification et de toute quête d'une terre ferme de l'origine, elles se tiennent à l'écart des ambitions de la tradition analytique comme des présupposés de la tradition continentale. Elles frayent la voie à une analytique de la quotidienneté dont on n'a certainement pas fini de mesurer la fécondité.Du fait de leur influence considérable sur divers courants dominants de la philosophie de la fin du XX? siècle, elles sont à la source de nombre de débats actuels qui débordent très largement le cadre de la philosophie académique.
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Empruntant au Tractatus logico-philosophicus son affirmation d'ouverture - «Le monde est tout ce qui a lieu» - et sa problématique du langage et de la logique, la Grammaire philosophique développe la question de la relation entre le langage et la réalité, dont «l'harmonie, comme tout autre chose métaphysique, est à trouver dans la grammaire du langage».La Grammaire philosophique concilie les deux orientations de la philosophie de Wittgenstein dans la dynamique de la représentation : le fondement du langage comme celui des mathématiques est convention, et la philosophie, administrant le développement de ces jeux, de ces formes de vie, y apparaît comme la forme suprême de l'imagination. Le concept de grammaire est l'instrument de l'activité philosophique par excellence.
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Ce volume rassemble deux textes qu'on associe traditionnellement depuis leur publication posthume conjointe. Ils n'ont cependant pas le même statut. Le Cahier bleu (dicté en 1934) est la première formulation complète de la seconde philosophie de Wittgenstein. Âgé de quarante-cinq ans, le philosophe y reprend à la lumière du «jeu de langage» l'ensemble des problèmes qui l'ont toujours préoccupé. Il montre en quoi cette notion permet d'échapper aux apories du sens, du solipsisme, et, plus généralement, de la métaphysique. Cet ouvrage se présente comme définitif. Wittgenstein le dicta d'ailleurs à ses élèves alors qu'il envisageait de quitter Cambridge pour s'installer en Union soviétique où il aurait voulu exercer un métier manuel.Quant au Cahier brun (dicté en 1935), il constitue sans équivoque le premier jet des Investigations philosophiques. Il se présente à la fois comme un manuel d'exercices philosophiques et comme une réflexion sur leur usage. Y sont examinés des problèmes aussi divers que la ressemblance, le suivi des règles, l'infini, etc., qui relèvent tous d'une attitude métaphysique dont Wittgenstein veut montrer la vanité.
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De la certitude
Ludwig Wittgenstein
- Gallimard
- Bibliotheque De Philosophie
- 26 Octobre 2006
- 9782070780884
Nouvelle édition en 2006
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Ce livre constitue un commentaire critique du Tractatus. Et à travers ce commentaire se dégagent les thèmes de la seconde manière de Wittgenstein dont les Investigations philosophiques sont considérées comme l'expression la plus achevée. Certes, Wittgenstein n'a pas jugé bon de le publier, peut-être parce qu'il avait conscience que c'était là un état transitoire de l'évolution de sa pensée (1929-1930), peut-être aussi parce que, encore tourné vers le passé de celle-ci, s'il sait ce qu'il ne peut plus affirmer, il ne sait pas encore où conduisent les perspectives nouvelles ainsi libérées. Du moins a-t-il jugé que ces remarques formaient un ensemble assez structuré pour qu'elles fussent dignes d'être remises à G.E. Moore sous forme de texte dactylographié. En tout cas, elles nous apportent les éléments de connaissance qui nous sont indispensables pour apprécier la continuité de la pensée de Wittgenstein et décider, compte tenu des deux périodes que l'on distingue en elle, de l'unicité de son isnpiration philosophique.
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Correspondance philosophique
Ludwig Wittgenstein
- Gallimard
- Bibliotheque De Philosophie
- 20 Novembre 2015
- 9782070127658
De 1911, date à laquelle il entama ses études de philosophie, jusqu'à la veille de sa mort en 1951, Ludwig Wittgenstein entretint une abondante correspondance philosophique avec des philosophes fort célèbres, avec d'autres moins reconnus, mais aussi avec des grands intellectuels.
Dans les années 1910, il fut en correspondance avec ses maîtres en logique, Gottlob Frege et Bertrand Russell, avec George Edward Moore, avec l'économiste John Maynard Keynes, ainsi qu'avec Ludwig von Ficker, l'éditeur de Der Brenner , et l'architecte Paul Engelmann, dont il fit la connaissance à Olmütz en 1916 et qui devint son ami.
Pendant les années 1920 parfois qualifiées d'« années perdues » (puisqu'il ne faisait plus alors de philosophie), Wittgenstein eut néanmoins de nombreux échanges avec C. K. Odgen autour de la traduction anglaise du Tractatus logico-philosophicus. , et il entra également en correspondance avec l'un des traducteurs de l'ouvrage, le logicien-mathématicien Frank P.
Ramsey, et avec Moritz Schlick qui prit contact avec lui dès 1924, et dont le Cercle s'engagea dans l'exégèse du Traité.
À ces premiers correspondants, s'en ajoutèrent de nombreux autres après le retour de Wittgenstein à la philosophie en 1929 : Friedrich Waismann, Rudolf Carnap auquel il adressa une unique lettre l'accusant de plagiat, l'économiste Piero Sraffa qui eut une réelle influence sur l'évolution de ses idées, et quantité d'élèves et disciples dont certains devinrent ensuite des wittgensteiniens reconnus - notamment Norman Malcolm, Rush Rhees et Georg Henrik von Wright.
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Lettres à sa famille ; correspondances croisées (1908-1951)
Ludwig Wittgenstein
- Flammarion
- 24 Mars 2021
- 9782081513549
Ludwig Wittgenstein, l'un des plus grands philosophes du XXe siècle, était le dernier des huit enfants de l'une des familles les plus en vue de la Mitteleuropa. Les Wittgenstein étaient à l'avant-garde de la vie culturelle de Vienne : Maurice Ravel écrivit un célèbre concerto pour le pianiste Paul Wittgenstein, frère aîné de Ludwig ; Gustav Klimt a peint le tableau de mariage de sa soeur Margaret ; Gustav Mahler et Johannes Brahms donnaient régulièrement des concerts dans le salon de musique familial.D'un rayonnement social et culturel considérable, la famille Wittgenstein ne devait pas être épargnée par la tragédie. La soeur de Ludwig, Dora, mourut prématurément, son frère Paul perdit son bras au combat pendant la Première Guerre mondiale, et deux de ses frères se suicidèrent.Les lettres inédites réunies dans ce volume couvrent la période de 1908 à 1951, quelques semaines avant la mort de Ludwig. Elles sont un témoignage de première main sur les différentes étapes de sa vie si singulière et sur les liens qui l'unissaient aux siens.
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Les remarques qui composent ce volume ont été retrouvées dans une boîte à fiches, après la disparition de Wittgenstein. Elles sont issues de découpes faites dans diverses dactylographies datant de la période 1929-1948 - plus particulièrement des années 1945-1948.
La raison d'être de cette boîte a intrigué les exécuteurs littéraires de Wittgenstein : à quelle fin extrayait-il de ses écrits certains fragments pour les introduire dans la boîte à fiches (parfois sans aucun classement, parfois en agrafant les remarques portant sur le même sujet) ? Et pourquoi réélaborait-il ensuite les coupures elles-mêmes oe
Le travail qu'ils ont fait sur l'origine de ces coupures et leurs modifications les a conduits à supposer qu'il accordait une importance particulière aux éléments qu'il conservait de la sorte et que son intention était de les incorporer à des textes à venir.
L'intérêt des Fiches tient à l'ampleur et à la variété des questions qui y sont abordées et qui couvrent les axes majeurs de la « seconde » philosophie. Elles témoignent de la constance avec laquelle Wittgenstein - de la période de son retour à la philosophie, en 1929, jusqu'aux remarques qui composent ses derniers écrits - a traqué les pièges du langage et redéfini les questions mêmes de la « philosophie de la psychologie ».
Ce qui fait tout le prix du condensé qu'elles nous livrent tient à ce qu'elles offrent - parallèlement aux développements plus étendus que renferment les autres écrits et ouvrages de la même période - un choix de ses pensées les plus vives et certainement les plus significatives.
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Conservations de wittgenstein avec bouwsma
Ludwig Wittgenstein
- Agone
- Banc D'essais
- 6 Septembre 2001
- 9782910846633
Dans les deux dernières années de sa vie, Wittgenstein s'est lié d'amitié avec O.K. Bouwsma, philosophe américain. Celui-ci consigna régulièrement leurs conversations sous forme de notes. Il est rare de pouvoir assister à l'émergence des idées d'un philosophe. On découvre ici Wittgenstein parmi ses proches, on le voit réagir à ce qu'ils disent, aux événements quotidiens : sur le champ, il engage une discussion serrée, improvise une analyse conceptuelle ou dissipe une confusion par une formule, une image. Disciple fervent, Bouwsma a fait plus que recueillir méticuleusement quelques-unes des dernières réflexions de Wittgenstein sur la morale, la religion ou la littérature : il nous fait entrer dans la fabrique de sa pensée.
« Aujourd'hui, j'ai fait une nouvelle promenade avec W. au-dessus de la gorge de Taughannock. Alors que nous étions assis, il a dit qu'il en était peu à peu venu à voir que la vie n'était pas ce qu'elle semblait être. Il est resté silencieux pendant quelques minutes. Puis il a dit : «Voilà ; dans la ville, les rues sont bien tracées. Et vous roulez à droite, et vous avez des feux aux carrefours, etc. Il y a des règles. Quand vous quittez la ville, il y a encore des routes, mais pas de feux. Et quand vous allez plus loin, il n'y a plus de routes, plus de lumières, plus de règles, rien pour vous guider. Il n'a plus que les bois. Et quand vous revenez en ville, vous pouvez avoir le sentiment que les règles sont fausses, qu'il ne devrait pas y avoir de règles, etc.» Cela ne m'a pas beaucoup éclairé. Plus tard, pendant que nous marchions, il a dit : «Ça revient à peu près à ça. Si vous avez une lumière, je vous dirai : «Suivez-là.» Il est possible qu'elle soit bonne.» »
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Remarques sur les fondements des mathématiques
Ludwig Wittgenstein
- Gallimard
- 11 Février 1983
- 9782070216932
Le philosophe sera méfiant, le mathématicien soupçonneux, comme chaque fois qu'il y a rencontre de deux disciplines. Ces appréhensions surmontées, la lecture du livre les entraînera à l'intérieur du calcul de la pensée, reposera la question philosophique sans cesse reprise et méditée : «Quel est le sens de ton discours ?» autrement dit : «Quels sont les instruments de ta mesure de la réalité ?» Sont discutés ici, selon le mode de réflexion wittgensteinien, le conventionnalisme, l'intuitionnisme, l'articulation des mathématiques et de la logique, ainsi que les thèses de Russell, Cantor et Gôdel. Le livre, comme tous les ouvrages de Wittgenstein hormis le Tractatus, est le fruit des compilations de ses exécuteurs testamentaires à partir des papiers posthumes. Les fragments qu'il rassemble datent de la période allant de septembre 1937 à août 1944. Par la suite, et jusqu'à sa mort, Wittgenstein revint rarement sur la philosophie des mathématiques et de la logique, dont les Remarques philosophiques et la Grammaire philosophique donnaient déjà un premier état. Au-delà de la terminologie mathématique, il faut chercher dans ces Remarques sur les fondements des mathématiques une contribution à la «psychologie de la philosophie», ainsi que Wittegenstein appelait la théorie de la connaissance, psychologie menée non pas introspectivement, mais par la description des actes de langage, que ce langage soit ordinaire ou idéal. Dans son investigation de l'absolu et de la nécessité mathématiques, Wittgenstein ouvre au mathématicien les perspectives de l'ontologie. En même temps il rappelle au philosophe les conditions platoniciennes de l'accès à la philosophie : le savoir du géomètre. La verson française des Remarques sur les fondements des mathématiques constitue la traduction de la nouvelle édition, revue et augmentée, de cet ouvrage, parue pour la première fois en Angleterre, en 1974.
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Leçons sur la liberté de la volonté ; essai sur le libre jeu de la volonté
Ludwig Wittgenstein
- PUF
- Epimethee
- 14 Octobre 2002
- 9782130531791
Dans cet ouvrage se trouve pour la première fois présentée en traduction française une leçon sur la liberté de la volonté de Wittgenstein. Ne proposant en réalité aucune doctrine sur la liberté de la volonté, ce texte est un morceau de choix qui nous donne une idée de la manière dont Wittgenstein appliquait sa méthode grammaticale à des expressions du langage, ici le "concept psychologique de la volonté" intégré dans le nom d'une question sur laquelle nombre de philosophes se sont interrogés depuis toujours.
Wittgenstein pratique-t-il ici un genre logico-linguistique et méta-éthique en vue de dissoudre le faux-problème du "sujet de la volonté" ?
L'auteur montre que Wittgenstein va au-delà d'une simple description de surface. La méthode privilégiant la supposition d'emplois différents dans des situations possibles sinon fictives, met en jeu une subjectivité dans le langage.
(Texte de couverture) Table des matières A propos de " Leçons sur la liberté de la volonté ", 3 LECTURES ON FREEDOM OF THE WILL (Ludwig Wittgenstein, d'après les notes de Yorick Smythies), 8 LEÇONS SUR LA LIBERTÉ DE LA VOLONTÉ (trad. par A. Soulez), notes par B. McGuinness et A. Soulez, 9 ESSAI SUR LE LIBRE JEU DE LA VOLONTÉ (Antonia Soulez), 67 L'éthique à la première personne (présentation), 69 Les valeurs : une question négligée par le Cercle de Vienne, 69 Schlick et la psychologisation de l'éthique, 75 CHAPITRE 1 - Le sujet divisé de la volonté selon Waismann, 81 Une voie inédite entre méta-éthique et " psychologie des profondeurs ", 85 Wittgenstein : l'éthique " à la première personne ", 93 La volonté est " ce que je fais ", 99 Le chemin de Wittgenstein (plan de notre Essai), 103 CHAPITRE 2 - L'impuissance de " ma " volonté dans le Tractatus, 109 Un sujet mais deux volontés, 109 " Si Dieu veut ", 118 CHAPITRE 3 - Le freewill dans le Tractatus : un " problème ", non une " chimère ", 123 Le fil continu de la liberté de la volonté, 128 Le " problème " de " l'impossibilité de connaître les actions qui résident dans le futur... ", 134 Wittgenstein et les " futurs contingents ", 136 CHAPITRE 4 - L'image du mot " loi ", ou " ce que nous font les mots ", 143 Les guillemets de la grammaire ou la preuve de la liberté par la supposition, 153 Mettre un " peut " grammatical sous un " peut " métaphysique, 156 Le paysage grammatical de " notre ignorance du futur ", 159 Critique de l'attitude " tragique ", 166 Le point de vue d'une " thérapie de l'âme " (A.-J. Voelke), 169 Y a-t-il une solution logique au problème du freewill ?, 170 Difficultés de l'approche logique de Lukasiewicz selon Waismann, 173 Du " problème " du freewill à la liberté d'assentiment à la règle, 176 " C'était écrit " (G. Ryle) ou les dommages de l'esprit de prophétie, 179 CHAPITRE 5 - Wittgenstein aux prises avec la psychologie, 185 La volonté : un " concept psychologique ", 187 " Le vouloir est aussi seulement une expérience " (William James), 193 L'acte d'amener au jour (herbeiführen) est-il causal ?, 194 Le " s'efforcer ", 198 L'intentionnel dans " le site naturel " de l'acte, 203 Ce que peut la grammaire que ne peut pas la psychologie, 206 CHAPITRE 6 - Supposez que..., 211 L'expérience possible, un " problème de langage " (de Kant à Wittgenstein), 211 La revanche du " mauvais symbolisme " (Kant) : le " jeu de langage " du modus negativus dans le Tractatus, 216 Comment distinguer une fiction d'un non-sens ?, 221 " L'expérience possible " et l'hypothèse (Cl. I. Lewis), 224 CHAPITRE 7 - Un style hypothétique à part, 229 Jeu, vouloir et fantaisie, 229 Une méthode non déductive par l'exemple, 232 Déplier le langage, 236 A l'écart de la science, 241 L'argumentation en question, 244 Exemple d'expérience fictive : la fiction d'un président du langage, 245 La preuve par l'inconcevabilité, 251 " Abduction " et expérience de pensée, 254 CHAPITRE 8 - Une méthode subjective de variation non eidétique, 259 L'imaginabilité d'une forme de vie, un réquisit anthropologique, 259 Sortir d'un calcul et non d'un langage, 262 Voir comme contingent ce que l'on se représentait comme nécessaire, 264 L'artifice de la volonté, 266 Le mythe d' " extériorité ", 270 Une méthode extensive non eidétique de variation imaginaire
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Dictées à Friedrich Waismann et pour Moritz
Ludwig Wittgenstein
- Vrin
- Analyse Et Philosophie
- 1 Décembre 2015
- 9782711625963
Voici, en réédition, les Dictées à Waismann et pour Schlick, soit la transcription vers 1931 par Waismann de réflexions de Wittgenstein dans sa période charnière. Ils formaient alors un trio démarqué du Cercle de Vienne dont Schlick n'était plus « l'âme ».
Ces réflexions diffractent d'intéressantes questions qui livrent au lecteur quelques aspects auto-critiques de l'auteur du Tractatus, mais aussi ceux d'une évolution vers une pensée différente de l'empirisme logique, axée sur l'idée d'une grammaire philosophique en quête d'une synopsis. La méthode qui n'est plus réductionniste ni clarificatrice en ce sens, est en route vers la philosophie seconde. Elle révèle un Wittgenstein qui, marqué par le physicien Boltzmann, rejette comme « métalogique » l'usage des concepts du vocabulaire logique, dorénavant tenus comme « magiques », du Tractatus. Critique de la visée intentionnelle selon Brentano, Wittgenstein s'achemine vers une grammaire de la règle, annonçant même, à travers l'intérêt pour les jeux de langage, quelques contours de la future philosophie de la psychologie.
Cependant, Waismann qui était tant à l'affût des moindres mouvements de la pensée de Wittgenstein dont cette transcription témoigne, y occupe en creux une place qui marque une voie propre.
Ce volume contient en plus des traductions, et à la différence de la première édition, un texte de Brian McGuinness sur le difficile parcours d'un philosophe pris entre la fidélité au maître et l'originalité d'une pensée linguistique et mathématique en gestation.
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Les cours de cambridge 1930-1932
Ludwig Wittgenstein
- Trans Europ Repress
- 22 Janvier 2004
- 9782905670052
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Le 9 août 1914, Ludwig Wittgenstein, qui s'est engagé deux jours plus tôt, rejoint son régiment stationné à Cracovie. Après une brève formation, il est affecté sur un aviso-torpilleur, le Goplana, à bord duquel il fait l'expérience de la guerre. Les notes qui composent les présents carnets datent de cette période. Initialement rédigées dans un code qui lui permettait de soustraire certains passages aux éventuels regards indiscrets, elles s'étendent du 9 août au 30 octobre 1914, du 30 octobre 1914 au 22 juin 1915 et du 28 mars au 19 août 1916. Les réflexions personnelles, voire intimes qui en font partie s'y entrelacent à ses méditations philosophiques, plus spécifiquement liées aux problèmes qui devraient donner naissance au Tractatus logico-philosophicus, achevé en 1918, autant qu'à son souci permanent du «travail» dans un contexte qui n'aurait pu être pire. Le Wittgenstein «secret» qui s'y révèle n'est sans doute pas celui que le Tractatus permet spontanément d'imaginer ; il permet toutefois d'entrevoir un visage qui n'est pas étranger à celui de sa philosophie - un visage qui s'accorde avec la dimension morale que revêtaient à ses yeux les problèmes intellectuels.
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Lecons et conversations sur l'esthetique, la psychologie et la croyance religieu
Ludwig Wittgenstein
- Gallimard
- Les Essais
- 10 Novembre 1971
- 9782070279227
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Remarques sur la philosophie de la psychologie t.1
Ludwig Wittgenstein
- Trans Europ Repress
- 12 Mars 2003
- 9782905670212
Ce qui a été publié en deux volumes par les ayant-droits de Wittgenstein sous le titre-original Bemerkungen über die Philosophie der Psychologie correspond, dans le catalogue, aux dactylographies TS 229 et TS 232, dictées l'une à l'automne 1947 et l'autre à l'automne 1948.
Nous publions ici la première de ces dactylographies.
Dans ce texte resté à l'état de chantier, Wittgenstein poursuit une analyse de " concepts psychologiques " (vision de l'aspect, attente, espoir, sentiment, émotion, intention, signification...) qui met en oeuvre une critique sans précédent du psychologisme sous toutes ses figures et qui libère, au niveau des jeux de langage complexes, une question de la singularité.
On retiendra plus particulièrement en effet dans ces analyses aussi méticuleuses que riches une résurgence de la question de la volonté, qui avait initialement fourni son argument majeur au solipsisme du Tractatus et qui maintenant est le lieu d'un combat sans merci contre l'intériorité fondatrice.
L'ensemble des questions qui sont ici traitées confirme l'idée d'un renouvellement profond survenu à l'intérieur de la seconde philosophie elle-même, au moment où Wittgenstein cessa définitivement de travailler sur la philosophie des mathématiques, en 1944, pour faire porter tout son effort sur ce qu'il est convenu d'appeler la " philosophie de la psychologie ".
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Cours sur les fondements des mathématiques ; Cambridge, 1939
Ludwig Wittgenstein
- Trans Europ Repress
- 12 Mars 2003
- 9782905670366
Aux antipodes du dogmatisme, les Cours sur les fondements des mathématiques prennent le plus souvent la forme du dialogue.
Alan Turing en est l'interlocuteur privilégié. Wittgenstein résiste à sa conception des fondements - non seulement au présupposé selon lequel le calcul logique serait le calcul fondamental auquel se laisseraient ramener ceux des mathématiques, mais aussi à l'idée que les définitions russelliennes mettraient à découvert la raison d'être de l'emploi des mots de la langue ordinaire, et enfin à la possibilité même d'un captage théorique du fondement.
Il se défend également de vouloir introduire le "bolchevisme en mathématiques" en montrant l'irrecevabilité d'un intuitionnisme à la Brouwer (cf. "L'intuitionnisme, c'est tout de la blague") et renvoie dos à dos les partisans de l'infini actuel (auxquels il reproche de réifier spéculairement la "possibilité infinie") et les tenants du finitisme strict (cf. "Le finitisme et le behaviorisme se ressemblent comme deux gouttes d'eau.
Les mêmes absurdités, et le même type de réponse.") Bel exemple de l'art du questionnement mené avec la rigueur et la radicalité propres au style wittgensteinien, les cours de 1939 explicitent le grammaticalisme en le mettant à l'épreuve dans le cadre d'une ana lyse des propositions mathématiques et logiques. Ils introduisent la distinction "appareil du langage" / "application du langage" - sive "construction de concepts" / "description d'objets" - pour montrer que si les systèmes formels sont autonomes en ce sens qu'ils ne reflètent aucune réalité qui leur préexisterait dans on ne sait trop quel ciel euclidien, ils ne sauraient cependant fonctionner en autarcie.
Ainsi Wittgenstein affirme-t-il que la géométrie euclidienne donne des "règles d'application des mots 'longueur', 'égalité de longueur', etc.", mais qu'elle ne les donne pas toutes, "parce que certaines dépendent de la façon dont on mesure et compare les longueurs". Dès lors qu'il s'agit de fondements, c'est donc en dernier ressort la pratique qui a le dernier mot.
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Carnets de cambridge et de skjolden - 1930-1932 et 1936-1937
Ludwig Wittgenstein
- Puf
- 31 Juillet 2000
- 9782130499183
Qu'il s'agisse du retour à Cambridge ou du second grand voyage en Norvège, ces deux périodes, auxquelles se rapportent ces textes, correspondent à une rupture. Wittgenstein mettait un terme aux expériences et modes de vie qui l'avaient éloigné durant quelques années de la philosophie universitaire. Ces notes, dans la diversité des pensées, des humeurs et des sentiments qui s'y expriment, offrent un témoignage d'une grande richesse. Pour qui douterait de l'importance des préoccupations éthiques, esthétiques et religieuses dans la pensée de Wittgenstein, elles sont irremplaçables, car livrées au jour le jour, sans souci de sélection ni de composition. Elles livrent les tensions, l'aspiration à la clarté autant que le désir d'abandon qui n'ont cessé de hanter sa pensée.