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Du raisin et des Hommes Fruit d'une aventure immersive dans les vignobles des Coteaux du Layon en Anjou, cet ouvrage est le récit, en photos et en mots, de l'expérience initiée par les deux auteurs lors du confinement du printemps 2020, au contact de cinq jeunes vignerons aux parcours singuliers qui écrivent une histoire commune : celle d'une nouvelle génération engagée dans une pratique vertueuse d'un métier deux fois millénaire. Au rythme du cycle végétatif et des saisons, dans quatre domaines en viticulture biologique, Du raisin et des Hommes invite à nous (ré)interroger sur notre rapport au vivant et à réfléchir au futur auquel nous souhaitons contribuer. Par leur démarche, ces femmes et ces hommes qui ont déjà pris les devants, nous invitent à mettre nos pas dans les leurs.
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Le pays le plus triste du monde... et le pire pour les femmes : un an en Afghanistan sous le joug des talibans
Ebrahim Noroozi
- Cdpeditions
- 20 Octobre 2023
- 9782351301982
« Pendant plus d'un an, le photographe iranien Ebrahim Noroozi, basé à Kaboul, a suivi la lente déchéance du pays depuis le retour des talibans au pouvoir en août 2021.
Effacement des femmes dans l'espace public, effondrement de l'économie, Ebrahim Noroozi documente la triste réalité du régime islamiste. Un reportage exclusif. » Nadjet Cherigui, Grand Reporter.
Avec le soutien du Figaro Magazine. -
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Alfred. Une courte signature pour un grand nom de la photographie. Une simple apostrophe pour désigner un compagnon attentif et jovial à l'accent inimitable, qui a couru tous les fronts pour traquer les conflits de ces trente dernières années. Alfred a embrassé le reportage pour inlassablement explorer le cosmopolitisme de ses racines, décrypter les tourments de ce Moyen-Orient dont il est originaire, et mieux comprendre les mystères d'une terre multiconfessionnelle. Alfred est né à Téhéran. Son passeport est iranien, mais il a choisi de revendiquer habilement une mère assyrienne et un père arménien. Son aïeul portait le nom de Babaian. Pour fuir les représailles turques, il a poussé son chemin plus loin, enfoui son nom arménien, et commencé une nouvelle vie en Perse sous le nom de Yaghobzadeh. Alfred se souvient de cette enfance qui l'a poussé à replonger aujourd'hui dans les méandres de ces minorités iraniennes : « Tous les jours, sur le chemin de mon école, je passais par la rue Manouchéri, commerçante et peuplée d'antiquaires juifs. Au fil des jours de fermeture des échoppes, je me suis familiarisé avec les fêtes de la communauté juive. À l'école où j'ai effectué ma scolarité en pantalon de flanelle grise, chemise blanche et cravate, la rigueur côtoyait les enseignements millénaires de Zarathoustra. Jusqu'au lycée, je célébrais avec mes amis le Nouvel An perse, la Fête du feu, et visitais régulièrement le temple zoroastrien. L'islam était loin, et on baignait dans la Perse antique. » Tout jeune homme, la guerre Iran-Irak lui fait fourbir ses premières armes de photographe de guerre. Ses images font la «Une» des magazines. Le monde arabe et ses conflits deviennent le théâtre de ses reportages. Liban, Afghanistan, Irak, Pakistan : il couvre, depuis 1984 pour l'agence SIPA, les soubresauts d'une région qui s'enflamme et d'un islam qui inquiète. La religion est étroitement liée aux maux de cette fin de siècle. Malraux le prédisait ; Alfred observe les hommes pétris dans leurs contradictions, souvent enclins à louer un Dieu devenu absolutiste. Parce qu'il porte en lui les traces de toutes les religions, parce que l'Iran est devenu le centre, parfois ardent, de l'islam chiite, nul mieux qu'Alfred ne pouvait s'immerger des mois durant dans le creuset de la civilisation perse, dans les arcanes de ces minorités religieuses qui coexistent farouchement, et souvent harmonieusement, au sein de la République islamique d'Iran. Car celle-ci reconnaît officiellement dans sa Constitution les trois religions « révélées » : les chrétiens, les juifs et les zo-roastriens, qui disposent de leurs représentants au Parlement. Avec douceur et humanisme, sans flatterie ni dogmatisme, Alfred a ramené un témoignage unique sur la communauté juive implantée en Iran depuis vingt-cinq siècles, sur ces Arméniens qui continuent de se marier en costume et robe blanche, sur ces adorateurs de Zarathoustra tout droits sortis d'un vieux grimoire des Mille et une Nuits. Depuis sa création, en 1978, Le Figaro Magazine n'a jamais cessé de faire la part belle à la photographie. La photo qui informe. La photo qui éclaire. La photo qui parle au coeur le langage universel de l'émotion... Quand Alfred nous a fait part de son projet, nous savions que son travail s'inscrivait dans la droite ligne de notre histoire éditoriale. Il nous offre un tableau méconnu, coloré, vivant d'un pays sous le feu des projecteurs de l'actualité. En lui rendant hommage pour les 20 ans de Visa pour l'Image, c'est aussi toute une profession qui donne à Monsieur Yaghobzadeh ses lettres de noblesse. PAR CYRIL DROUHET, rédacteur en chef Photo Figaro Magazine.
Introduction par Agnès de Gouvion Saint-Cyr et Jean-François Leroy.
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Une carte de l'Inde est dépliée sur le bureau. La voix volontaire de Marie Dorigny commente l'espèce de lecture en braille à laquelle ses doigts se livrent sur la partie nord-est de l'état du Bihar, s'efforçant de lire une géographie invisible tout en évaluant les possibles informations croisées en chemin. Tout grand reportage correspond à un lent déplacement dans le temps et l'espace, et chacune de ses escales à une micro-enquête, sorte d'abscisse journalistique. Lorsque l'on se rencontre au tout début de la préparation du sujet, le dialogue tient de la voyance éditoriale et de l'approche : veut-on refaire le voyage de Gandhi datant d'il y a quatre-vingt dix ans ? Préférons-nous travailler sur les vieilles solidarités féodales qui résistent encore à l'abolition du système des castes ? Ou allons nous faire découvrir aux lecteurs de Geo le fameux « corridor rouge » emprunté par le mouvement mao à travers l'Union indienne. C'est aux questions qu'il pose à son sujet que l'on mesure le degré d'engagement d'un photographe. Là aussi, il existe des terrains. Sans nul doute, celui qui concerne Marie Dorigny traverse le champ social. Depuis sa première commande pour le Bureau international du travail sur les enfants exploités en passant par l'esclavage domestique ou l'immigration clandestine, elle archive depuis plus de quinze ans les atteintes à l'intégrité humaine. Avec, en permanence, ce souci d'une information pas simplement sourcée ou vérifiée mais aussi racontée, ordonnée. Cette jeune femme d'origine grenobloise a commencé par écrire dans la presse régionale avant de photographier, d'où son désir de narration, d'avancer photo à photo comme on dirait mot à mot. Ses images ne captent pas simplement le réel, elles l'écrivent. La photographie de Marie Dorigny entretient une forme de dépouillement, d'ascétisme (revoir ce magnifique visage de femme cachemirie paru dans un reportage Geo en 2005) qui renforce une relation « compassionnelle », quasi littéraire, non à un sujet mais à des êtres, non à un simple baroud mais à des vallées, des montagnes ou des matins du monde. Nous sommes loin de la prise de vue héroïque, sorte de posture obligée entretenue par certains. C'est une photographe qui procède par disparition d'elle-même, par élégante dissipation. Et l'on se doute bien que le chemin la menant au coeur de ses images, a dû être long, semé d'embûches, et l'infinie patience, sa compagne de tous les jours. PAR JEAN-LUC MARTY directeur éditorial et rédacteur en chef du magazine Geo. Il est aussi écrivain et vient de publier chez Julliard un roman, Rumba.
Introduction par Agnès de Gouvion Saint-Cyr et Jean-François Leroy.
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En 2004, une ligne de tirages horizontaux et de témoignages qui initient une circulation inédite entre textes et images et courent cadre à cadre le long des murs d'une salle du Couvent des Minimes, crée l'événement au festival « Visa pour l'Image » de Perpignan. « 2/7 Shkodra », sidérante série couleurs de Guillaume Herbaut, connu jusque là pour des reportages en noir et blanc au Leica, nous plonge dans « un polar arrêtél », conçu dans la ville albanaise des crimes d'honneur, où chacun, qu'il veuille donner la mort ou sauver sa peau, vit cloîtré, la peur au ventre. Dopé par l'adrénaline du photographe, s'enfonçant dans le même chaos, le spectateur traverse son expérience oppressante. Il pénètre, avec lui, dans le mystère du crime, dans le secret de l'invisible, dans l'insaisissable photographique. Quatre ans plus tard, on n'a pas oublié notre malaise face à ce bloc d'images taillé dans l'effroi, à ces tableaux de deuil avec veuves, à ces enfants fantômes brandissant des couteaux d'assassin comme des peluches. Un sentiment de déstabilisation, d'intranquillité persiste. Ces images restent d'autant plus agissantes dans notre imaginaire que le beau et le mortel y cohabitent, qu'elles sont froides, mais qu'on s'y brûle. Ceux qui suivent le travail de Guillaume Herbaut ont vu venir cette évolution dès 2001, avec « Tchernobylsty », bloc de sensations qui, non content de faire résonner ce lieu hanté avec l'état du monde aujourd'hui, va en chercher traces et stigmates dans corps et paysages. Cette expérience humaine, qui déplace le reportage à la croisée du journalisme et de l'art, sans que l'un ne cherche à dévaluer l'autre, allie déjà frontalité, couleur et plasticité et sert une narration qui dépasse l'événement. Après, arrivent « 1/7 Livry », « 2/7 Shkodra » et s'y articulent, issus de commandes de presse ou du marché de l'art, cinq autres fragments d'une fresque tragique avec revenants pris dans l'enfer d'Auschwitz (3/7 Oswiecim), de Tchernobyl (4/7 Slavoutich), de Nagasaki (5/7 Urakami) ou de Ciudad Juarez (6/7 Ciudad Juarez). Une réflexion sur l'événement entre intime et Histoire, entre mémoire et oubli, entre image du monde et image fabriquée. Car la force de Guillaume Herbaut, membre de l'OEil Public, vient de ce qu'il construit des fictions qui touchent la mémoire collective parce qu'elles prennent racine dans un réel non faussé : là, il met les pieds dans la glaise des lieux de crime, là, il scrute le niveau de radiation de la forêt. Ses cauchemars narratifs tranchent, du coup, avec les histoires formatées que nous sert la société du spectacle. Avec lui, le spectateur n'ignore pas qu'il est face à une représentation, mais au lieu de s'endormir, il se réveille.... par Magali Jauffret Texte écrit par : Bruno Masi / Belina Boudini / Klara Buda /Arthur Gerbault / Magali Auffret.
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Une sainte dans l'enfer des grands lacs
Pascal Maître
- Cdpeditions
- Visa 20 Ans
- 31 Août 2008
- 9782351300169
Au coeur de la région des Grands Lacs, au milieu du chaos qui dévasta le Rwanda, le Burundi et l'est du Congo où des centaines de milliers de personnes furent assassinées, où des centaines de milliers d'autres durent fuir pour tenter de survivre dans les plus grands camps de réfugiés d'Afrique, où des dizaines de milliers de personnes remplirent les prisons, où des centaines de milliers de vies furent détruites par la misère et le sida, dans ces ténèbres qu'on craignait sans fin, une femme burundaise, Marguerite Barankitse, dite Maggy, apporta une lueur d'espoir en créant un avenir pour des milliers d'orphelins de la guerre et du sida. Il y a quinze ans, Maggy échappa aux machettes des Hutus. Il y a dix ans, pendant la guerre civile, elle risquait quotidiennement sa vie pour sauver des enfants dont les parents avaient été assassinés à cause de leur appartenance ethnique. Aujourd'hui, enfin, c'est toute une société, voire un monde, le monde de la Maison Shalom, que Marguerite Barankitse continue de bâtir autour de plus de 10 000 orphelins qu'elle a recueillis. Cette princesse tutsi, fervente catholique, a appris à « ses » enfants orphelins hutus, tutsis et twas à vivre ensemble. Pour qui rêve d'un renouveau du Burundi, la réconciliation entre les victimes et les bourreaux reste la condition sine qua non. Pour y parvenir, Maggy a toujours enseigné aux enfants la nécessité de pardonner, malgré l'atrocité de leurs souvenirs. Cette grande bâtisseuse a construit sur les terres héritées de sa famille 550 maisons pour accueillir et abriter des « familles » composées d'orphelins, un hôpital qu'on dit l'un des meilleurs de toute l'Afrique, une salle de cinéma ainsi que des fermes. Pour Marguerite Barankitse, que ses ennemis traitent de « folle », la vie et l'espoir seront toujours plus forts que tout. « La haine, promet-elle, n'aura pas le dernier mot au Burundi.» Ce sont les histoires d'un ami de son grand-père, de retour d'Afrique, qui firent naître chez le jeune Pascal Maitre son engouement pour les pays lointains. Depuis 1987, Pascal a réalisé plus de 75 reportages pour Géo, un record parmi les photographes travaillant pour notre magazine. Il a voyagé sur tous les continents, mais, par leur beauté et leur intensité, ses photos d'Afrique suscitent la plus grande admiration. Une seule de ses images peut synthétiser une histoire très complexe. En 1990, Pascal se rend pour la première fois dans la région des Grands Lacs. S'en suivront d'autres voyages. En homme chaleureux, c'est avec le coeur qu'il photographie. En homme lucide, il semble toujours voir un peu plus, un peu plus loin... PAR RUTH EICHHORN Directrice photo Géo Allemagne.
Introduction par Agnès de Gouvion Saint-Cyr et Jean-François Leroy.
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Guillaume Herbaut engage la photographie dans un processus à rebours de l'actualité. Au témoignage direct sur l'événement, il superpose l'élaboration de scènes dignes de récits légendaires. Pour construire cet ambitieux projet, il s'immerge dans les temps et les espaces de la grande comme de la petite Histoire où l'humanité fait face à son destin. Gloire technologique (le nucléaire), instruments du pouvoir (les armes), souffle démocratique (révolution en Ukraine) se heurtent au péril sanitaire, à la cupidité morbide et aux affres totalitaires. Herbaut photographie la chute de l'Empire contemporain.
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Le corps des femmes yézidies comme champ de bataille
Alfred Yaghobzadeh
- Cdpeditions
- 1 Septembre 2015
- 9782351300923
En octobre dernier, quand Alfred Yagodzadeh est parti en reportage, il s'agissait pour lui de mettre un visage sur l'impensable rumeur : le viol systématique et planifié et la mise en esclavage par les djihadistes de l'Etat Islamique de milliers de femmes Yézidies, une minorité kurdophone oubliée de tous, dont le souvenir remonte à Noé et que les islamistes qualifient d'infidèles.
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Les vingt ans de Visa pour l'Image, pour rien au monde Alexandra Boulat ne les aurait manqués. Elle serait là, étrennant une de ses trois minijupes achetées en coup de vent à Paris, jamais portées depuis, à la terrasse du Castillet. Elle serait là, dans les couloirs du couvent des Minimes ou de l'église des Dominicains, à trépigner d'envie devant les meilleures photos d'événements qu'elle aurait loupés, à rire de tout. À 45 ans, Alex se demandait encore : « Qu'est-ce qu'on fera quand on sera grandes ?l» Grande, même si elle persistait à l'ignorer, Alex l'était déjà, du moins dans notre monde, celui des brutes aux coeurs tendres prêtes à tout pour l'image juste, au bon moment. Elle était infiniment plus douée pour cela que pour les longs discours et les petits bavardages. La terre pouvait s'écrouler, tout ce qui importait à Alex, c'était d'être là. Une semaine de temps en temps, elle regrettait de ne pas avoir mené une vie de femme « normale ». Jusqu'à ce que tombe la commande d'un journal, Time, Newsweek, National Geographic, le Figaro ou Paris Match, auquel son père, Pierre, photographe au talent immense, avait collaboré avant elle. « Je suis née dans le bain de révélateur », disait Alex qui avait fait le choix de marcher sur les traces de ce père dont le souvenir l'accompagnait partout. À l'heure du départ, les couvercles de deux valises noires se refermaient sur ses appareils, câbles et moyens de transmission, rangés selon un ordre impeccable. De Sarajevo à Kaboul, de Bagdad à Gaza, par tous les temps, les balles pouvaient siffler, l'eau et la nourriture manquer, le siège durer, rien ne la détournait de son objectif. Quand le sujet était au rendez-vous devant elle, elle y mettait tant d'énergie qu'on la sentait littéralement vibrer. Son oeil, tranchant, sensible et différent lui vaut d'avoir collectionné les plus grands prix internationaux de photojournalisme. Quand le sujet se dérobait, elle enrageait. Pour obtenir ce qu'elle voulait, Alex était capable de déployer des armes redoutables. Elle savait charmer, émouvoir, attendrir, convaincre, brutaliser le destin et quelques confrères susceptibles. Ensuite, elle demandait pardon, avec des fleurs ou une babiole bien kitch chinée au souk. Sa sincérité était désarmante. Lors d'une conférence de presse, ici, à Perpignan, il y a longtemps, elle était la seule femme et débutante, au milieu d'un parterre de gloires du photojournalisme, chacun arguant de nobles causes pour évoquer son engagement. À la question « Pourquoi faites-vous ce métier ? », Alexandra Boulat, elle, avait simplement répondu : « Parce que j'aime faire des photos. » Tout était dit. Ce qui ne l'empêchait pas de témoigner. Alexandra avait débuté à Cosmos, l'agence fondée et dirigée par sa mère, Annie, beaucoup appris à Sipa pour finalement fonder VII avec d'autres grands noms de sa profession. Internet et le numérique commençaient de révolutionner son métier et en quelque sorte à banaliser la couverture du « news ». Alex considérait qu'il était temps pour elle de porter sur les événements un regard plus profond. Bosseuse inlassable, en reportage, elle passait ses soirées, devant un plateau de room service, à éditer, transmettre, classer, répondre aux mails et se chercher de nouveaux horizons. Elle voulait faire des films documentaires, transmettait son expérience à des étudiants dans des séminaires dont elle rentrait radieuse. Pour l'avoir vue traverser avec son port de tête impérial tant de champs de bataille, il nous avait échappé qu'elle était mortelle. Le 5 octobre dernier, après trois mois de coma, Alex nous a quittés des suites d'une rupture d'anévrisme. Sinon, c'est certain, elle aurait été là... à Perpignan, avant la fête, potinant avec Annie, sa mère, et Antoinette, sa soeur, sur le lit de sa chambre du Park Hôtel, toujours la même. « La sanction, c'est la parution », chantonnait-elle dès le réveil sur l'air de « Malbrouck s'en va-t-en guerre » quand elle était de bonne humeur. La sanction, c'est cette exposition, ces photos laissées comme des traces, sélectionnées une à une par ses proches. Elles racontent de manière implacable la vie des autres, mais parlent aussi de ce que sera toujours Alexandra pour eux. « Voyons, voyons... », comme elle disait toujours. Et puis « passons... », comme elle l'aurait souhaité. PAR CAROLINE MANGEZ
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Introduction par Agnès de Gouvion Saint-Cyr et Jean-François Leroy.
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Correspondant étrangeri: un titre qui sent l'aventure. Animé par le désir d'être témoin de son temps, Jean- Pierre Laffont est parti à la découverte du monde en toute liberté. Couvrir l'actualité, raconter des histoires, voilà ce qu'il a toujours voulu faire. Il part aux États-Unis en 1964 où il devient le seul photographe correspondant pour Gamma en 1968, puis pour Sygma en 1973, dont il ouvre les deux bureaux. Libre, passionné, persévérant, Jean-Pierre aime travailler seul, uniquement pour ce qu'il pense être important. Il fait ses propres itinéraires, choisit ses histoires, construit ses reportages, prend ses rendez-vous, avance ses frais, développe ses films, édite ses photos et écrit ses textes. Il n'aime travailler qu'en « spéculation ». J.-P. n'a jamais aimé travailler en commande et les besoins du marché n'entraient jamais dans ses décisions de couvrir telle ou telle histoire.
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Legacy de yann arthus-bertrand - une vie de photographe-realisateur
Arthus-Betrand Yann
- Cdpeditions
- 9 Juin 2022
- 9782351301654
Pendant 3 décennies, j'ai survolé la planète pour ramener des photographies. Elles témoignent, à leur manière, de l'état du monde. Les plus fortes d'entre elles vous sont présentées dans cette exposition. Je souhaite cependant qu'ensemble nous explorions le monde plus en profondeur que ce que la surface de l'image montre.La recherche de la beauté a motivé ce travail artistique qui ne garde d'un lieu que le moment immortalisé par l'appareil. Capturer une image ne prend qu'un instant. Or, si elles émerveillent, chacune de ces images raconte une histoire qui va bien au-delà d'une fraction de seconde. Nous vivons une époque de grands bouleversements écologiques et sociaux. La photographie permet de dévoiler et de comprendre les grandes transformations du monde et de ses habitants : êtres humains, animaux, végétaux et aussi minéraux.
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À travers plus d'une quarantaine de pays, il aborde les différents aspects de l'Afrique : les hommes et leur mode de vie, la politique et les conflits, les traditions. Si l'Afrique demeure son terrain de prédilection, Pascal Maitre a également réalisé plusieurs photoreportages dans d'autres régions du monde, notamment au Proche-Orient, en Amérique latine et en Sibérie. Depuis 1985, il couvre l'Afghanistan : les moudjahidines contre les Soviétiques, Kaboul en 1992, Bamiyan et les Bouddhas géants en 1996, le commandant Massoud en 1998.
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En septembre 1993, le mois où ont été faites les photos de ce livre, tous les types de crimes et de violences qui se répéteront encore pendant plus de deux ans sur le territoire de la Bosnie-Herzégovine ont déjà été commis. Depuis le début de la guerre au printemps 1992, Mostar, petite ville touristique de l'ouest de la Bosnie, majoritairement habitée par des Musulmans et des Croates, est assiégée et bombardée par les Serbes de Bosnie dirigés par Milosevic. Un an plus tard, en mai 1993, les milices croates de l'« Herzeg-Bosna » séparatiste, soutenues par la Croatie, se retournent contre leurs alliés musulmans et les chassent de l'ouest de la ville pour les enfermer dans un réduit de quelques kilomètres carrés. L'enclave est coincée entre fronts serbe et croate.