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Filigranes
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Le jardin de poussière
Bernard Plossu, Emmanuelle de L'Ecotais, Stuart Alexander
- Filigranes
- 24 Avril 2025
- 9782350466378
Le Jardin de poussière de Bernard Plossu, publié initialementen 1998, capture l'essence du désert américain à travers des photographiesintimes et délicates. Plossu explore ces paysages arides avec un regard sensibleet dépouillé, traduisant leur subtilité et leur mystère à travers de petitstirages en noir et blanc de 11,4 × 7,6 cm. Ce format singulier, proche dudaguerréotype, invite à une observation minutieuse et à une intimité rare avecles images.
Réalisées lors de marches entre 1981 et 1985 avec deuxpartenaires dans des régions comme l'Arizona, le Nouveau-Mexique ou l'Utah, cesphotographies témoignent d'une quête personnelle et spirituelle, entre calme ettension. Plossu privilégie la beauté discrète de la nature, rejetant la grandeurprétentieuse et les intrusions humaines souvent visibles dans la photographie depaysage contemporaine. Son approche célèbre la poésie des éléments simples :ciels vides, nuages épars, ou ombres délicates.
Plossurévèle aussi une nostalgie pour les terres sacrées amérindiennes, y voyant latrace persistante de leurs esprits. Le désert devient un "jardin de poussière",espace à préserver, vital pour l'humanité. Entre vulnérabilité et résistance,ces photographies traduisent une vision à la fois douce et optimiste, célébrantl'équilibre fragile et la beauté intemporelle du désert. -
Le livre Françoise est un hommage à Françoise Nuñez, photographe et compagne de Bernard Plossu. À travers 75 photographies, il retrace une vie dédiée à l'image, aux voyages et aux rencontres.
Françoise et Bernard ont partagé une existence nomade, parcourant le Mexique, l'Inde, la Turquie, la Grèce et l'Andalousie, capturant la lumière et l'instant avec une sensibilité unique. Dans l'objectif de Bernard, Françoise apparaît à la fois comme muse, complice et témoin d'un monde en perpétuel mouvement.
Ce livre ne se limite pas au portrait d'une femme, il évoque aussi une époque, une manière de vivre et de photographier, où l'image devient mémoire et trace d'une humanité éphémère. Entre instants saisis et silences habités, il célèbre un regard et une présence, ancrés dans une esthétique de l'épure et de l'émotion.
Un ouvrage essentiel pour les amateurs de photographie et de récits de voyage, mais aussi pour ceux qui s'intéressent à l'oeuvre de Bernard Plossu et à son rapport singulier au temps et à l'image. Ce livre est un témoignage intime et universel, où l'absence devient présence et où chaque photographie résonne comme une ode à la lumière et à l'instant. -
Le bonheur tue est un projet artistique né de la nécessité de transformer des photographies de presse illustrant différentes périodes de l'histoire du Liban. La double explosion du port de Beyrouth, en 2020, a ravivé la douleur et l'angoisse de tout un peuple, ranimant les traumatismes d'un pays régulièrement meurtri. L'artiste, ayant grandi en tentant de fuir ces « images fantômes », cherche désormais à se les réapproprier en coloriant et en manipulant ces clichés, pour mieux comprendre et exorciser les souffrances du passé.
À travers une approche mêlant images d'Épinal et photos de guerre, l'oeuvre questionne l'éternel retour du traumatisme, révélant des motifs récurrents tels que la fuite, le cri ou la détresse. Loin de la recherche du spectaculaire, l'artiste privilégie une sélection subjective de photos qui, par leur mise en dialogue et leur dimension universelle, deviennent des archétypes de la tragédie humaine.
Grâce à la coloration et au photomontage, plusieurs strates temporelles et symboliques s'entrelacent, confrontant la mémoire individuelle et collective. Ce projet souligne la difficulté d'apprivoiser la douleur psychique et met en lumière la dualité des Libanais oscillant entre fierté et autodétestation, face à un pays où la beauté et le chaos coexistent. -
Arnaud Claass poursuit ici ses réflexions sur l'art d'observeret soumet l'exercice du regard à l'épreuve des mots. Il commente ses perceptionsau fil de la vie quotidienne mais se confronte aussi à quantités d'oeuvreshistoriques et contemporaines.
Pour les photographes, la vraiedisponibilité visuelle et mentale au flux incessant des apparences est une formede ferveur. Quant au spectateur des images, il lui revient de regarder cesdernières avec la même intensité, en s'écoutant jusqu'au plus profond delui-même.
Qu'il s'agisse de faire des photographies ou de contemplercelles des autres, il y va d'une célébration du monde, dans toutes sescontradictions.
Dans ses Méditationscartier-bressoniennes, Arnaud Claass revient sur l'influence exercée dans sajeunesse par la découverte du photographe français, puis sur son admiration pourlui, jamais démentie mais soumise au long des années à un examen serré. Dans cesnotes récentes, il remet en cause nombre d'idées reçues relatives à cette oeuvrefondatrice. -
Le mouvement des Gilets jaunes apparaît en France en octobre 2018. Il donnera lieu à de nombreuses manifestations organisées chaque samedi sur l'ensemble du territoire français et notamment à Paris autour du rond-point de l'Étoile et du boulevard des Champs-Élysées. Les habitants et les commerçants du quartier décident alors d'installer des protections sur les vitrines des magasins et les fenêtres des logements. Les dimanches, lendemains de manifestations, Anna Malagrida et Mathieu Pernot réalisent des photographies de ce quartier et des dispositifs de protection mis en place par les habitants. Les planches de bois, parfaitement découpées et agencées, produisent une forme de continuité avec l'architecture classique de ces arrondissements bourgeois tout en introduisant une nouvelle temporalité sociale et politique. Grâce à ces installations, la façade devient le lieu visible d'une possible révolution. Au bruit et à la fureur des mouvements de foules montrés par les médias, les auteurs opposent l'instant d'après, celui du vide, du silence et de l'incertitude du lendemain.
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La forêt fascine les photographes contemporains. Elle les attire, pour ses formes enchevêtrées ainsi que pour ses fonctionnements biologiques, de sorte qu'elle les pousse à expérimenter sur le motif certaines options plastiques ou techniques. Elle est également support de mythologies ou de fantasmes qui peuvent être repris - ou déconstruits - par les artistes. Dans le même temps, les zones arborées se présentent comme des espaces hybrides, pour partie créés par les hommes, dont la patiente investigation permet de constater les conséquences de choix économiques, comme de penser des comportements sociétaux, des évolutions culturelles et des relations à la nature.
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Rencontre Lionel Jusseret - kolostrum : Agriculteurs d'ici et de maintenant
Emmanuel Berck, Lionel Jusseret
- Filigranes
- Les Carnets
- 21 Août 2025
- 9782350466460
Kolostrum est une immersion dans le quotidien des éleveurs de vaches laitières, capturé au fil d'une résidence artistique menée dans le Perche en 2024 par Lionel Jusseret. Fidèle à son approche socio-documentaire, il partage le quotidien des agriculteurs, participe à leurs tâches et photographie leur monde avec une rare proximité.
Loin des représentations classiques de l'agriculture, son regard révèle la force du geste, l'attachement aux animaux, la rudesse du métier et les doutes d'une profession en pleine mutation. Chaque image témoigne d'un équilibre fragile entre travail acharné et moments suspendus, entre tradition et modernité.
Ses compositions, intenses et contrastées, traduisent la matière même du monde rural, des robes des vaches aux portes usées, du lait au sang, du sol aux visages marqués. Inspiré par le cinéma du réel, il capte les instants de tension et de tendresse, la transmission des savoirs et l'héritage familial.
Kolostrum est plus qu'un reportage, c'est un récit visuel qui interroge notre lien à l'agriculture, loin des idées préconçues. Ce livre offre une vision incarnée et poétique d'un monde essentiel et souvent mal compris, une célébration de ceux qui, jour après jour, nourrissent le monde avec passion et engagement. -
Dans ce livre, Jean-Claude Delalande propose une série de photographies en noir et blanc, véritables scènes de vie domestique soigneusement mises en scène. À travers ces saynètes sobres mais expressives, le photographe explore la relation de couple moderne, souvent marquée par la solitude, la tension et une tendresse discrète. Il s'y met lui-même en scène, accompagné de son épouse ou de sa famille, dans des décors familiers - maisons de vacances empruntées ou louées - où chaque détail est pensé, jusqu'à l'accessoire le plus anodin.
Son approche narrative rappelle celle des bons romans : l'image devient un chapitre, l'ensemble une chronique douce-amère sur les liens humains. Loin de l'humour facile, Delalande joue avec une ironie subtile et une mise en scène précise, à la manière d'un théâtre photographique. Son style visuel, influencé par le cinéma des années 1960, combine grande rigueur technique, lumière travaillée et profondeur de champ maîtrisée.
Comparé à Anna et Bernhard Blume ou Duane Michals, Delalande trace pourtant une voie personnelle, cérébrale et discrète. Il produit sans souci de notoriété, mais avec exigence. Son oeuvre, saluée par plusieurs concours, semble prête à rencontrer le public, même si lui continue de cultiver, à la manière de Kafka, la richesse d'une pratique artistique en marge. -
Pierres blanches est le fruit de vingt années de marchessolitaires de Thomas Dhellemmes, guidé par la lumière fragile de son PolaroïdSX-70.
Le long du littoral normand, il avance lentement, attentifaux signes, aux formes, aux traces. Les "pierres blanches" sont ses repères :symboles de passage, éclats de mémoire ou fragments de grâce.
Chaque image capte un instant suspendu, un regard posé avec douceur sur lemonde. Le Polaroïd, par son imperfection, laisse place à l'interprétation, à lapoésie. Ce livre est une quête intime et sensible, entre voyage intérieur ethommage aux artistes qui l'ont inspiré. Un appel à ralentir, à voir autrement, às'abandonner à la beauté silencieuse des paysages.
Exposition à lagalerie Polka, Paris en octobre/novembre 2025 -
DAMI est un voyage intime, poétique et sensoriel signé SMITH, artiste plasticien et chercheur, dont l'oeuvre explore les liens entre visible et invisible, humain et non-humain, matière et esprit. Réalisé dans le cadre de la résidence photographique INSTANTS au Château Palmer, ce nouveau projet puise à la fois dans l'histoire familiale de l'artiste et dans une enquête plus vaste sur nos racines, nos croyances et notre rapport au vivant.
Par un concours de coïncidences presque magiques, SMITH découvre que ses grands-parents maternels se sont rencontrés précisément là où il est invité en résidence. Ces révélations deviennent les déclencheurs d'une recherche à la fois psycho-géographique et visionnaire, nourrie par l'écoute du territoire, la transe, le rêve et les visions inspirées par les plantes-maîtresses.
Mêlant photographie, sculpture, thermogrammes et écritures sensibles, DAMI est une traversée de la mémoire et des éléments : de la vigne au compost, du bois brûlé aux corps en métamorphose, l'ouvrage célèbre l'unité fragile du vivant.
Entre enquête, hommage et expérience sensorielle, DAMI s'impose comme une oeuvre singulière, traversée par l'intuition, les fantômes, les racines - et par une foi discrète en ce que le monde a encore à nous révéler. -
Fables et autres contes, le nouveau livre de Karen Knorr, propose une immersion unique dans l'univers de l'artiste avec une quarantaine de photographies et une quinzaine de contes écrits par Knorr elle-même. Cet ouvrage réunit des oeuvres récentes et des photos emblématiques de ses séries historiques, rarement exposées depuis les années 1990, permettant à un nouveau public de découvrir son travail.
Connue depuis les années 1980 pour son approche critique et ludique, Knorr a marqué la photographie britannique en intégrant des thèmes tels que le postmodernisme, le post-colonialisme et le féminisme. Ses premières séries, Belgravia et Gentlemen, questionnaient les valeurs sociales et patriarcales de l'Angleterre sous Thatcher. Par la suite, elle a introduit le texte dans ses images pour provoquer réflexion et distanciation, abordant des thèmes allant des classes sociales à la représentation animale dans des lieux patrimoniaux.
Dans Fables et autres contes, Knorr utilise des collages subtils d'animaux, d'objets et de décors architecturaux pour interroger l'autorité des musées et le patrimoine. Son dialogue visuel, entre réalité et fiction, invite le lecteur à explorer des mondes mêlant traditions et illusions, ouvrant la voie à une réflexion poétique sur l'authenticité et le pouvoir de l'image. -
La nouvelle édition de Planches Contact Festival s'ouvre à Deauville sous le signe de l'intimité, un thème qui résonne avec la vocation même de la photographie : capter l'invisible, révéler ce qui se joue derrière les apparences. Du regard porté sur soi à celui tourné vers les autres, cette édition interroge les formes multiples de la proximité, des relations, des tensions, du silence - dans l'espace privé comme dans le paysage, dans le corps comme dans la mémoire.
Le festival accueille cette année deux figures majeures de la scène photographique internationale, avec aussi bien une exposition rétrospective qu'un travail en résidence en Nomandie : Arno Rafael Minkkinen, maître du corps-paysage, livre une méditation visuelle où le corps nu devient ligne de fuite entre soi et le monde.
Lin Zhipeng (No. 223), figure de la nouvelle photographie chinoise, dévoile une intimité joyeuse, érotique et colorée, captée au fil de ses errances normandes.
Entre photographes confirmés et nouvelles voix, entre noir et blanc radical et chromatisme sensuelles, l'édition 2025 de Planches Contact Festival compose un récit multiple de l'intime, à hauteur d'homme. Une invitation à entrer dans les images comme dans une chambre, un paysage ou une confidence.
Artiste invitée : Claude Cahun et Cindy Sherman , Résidence Hors-les-Murs : Myriam Boulos
Artistes invité·e·s en résidence : Lin Zhipeng, Carline Bourdelas, Renato D'Agostin, Julien Magre, Anna Malagrida, Arno Rafael Minkkinen, Henrike Stahl, Frédéric Stucin
Artistes en résidence pour le Tremplin Jeunes Talents : Jérémy Appert, Simon Bouillère, Naïma Lecomte, Anaïs Ondet
Lauréats de la bourse photo4food : Daniel Blaufuks, Adrien Boyer, Amélie Chassary, Marilia Destot -
Coeur bleu, voyage en Bretagne est un livre de photographies prises pendant une année autour du château des Flégés qui a marqué une partie de mon enfance. On y allait en coup de vent, deux ou trois fois par an, ce qui suffisait à me faire frémir et rêver. Je me souviens d'une mare d'eau stagnante, d'un trésor qu'on disait caché sous la septième marche d'un escalier en granit, et de mon arrière-grand-mère malade qui ne quittait presque jamais sa chambre. Quarante après, je suis retourné au château pendant de courts séjours, au rythme des saisons. J'ai photographié sans doute des souvenirs d'enfance, et j'ai aussi écrit sur ce qu'il ne m'était plus possible de voir. J'ai voulu entrer dans cette histoire comme dans un roman.
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Initiée en 2008, la série Vitrines a été réalisée à Paris lors de la crise économique qui a provoqué la fermeture de nombreux commerces. Photographiées depuis la rue, les devantures recouvertes de blanc d'Espagne ne permettent plus de voir l'intérieur des magasins et font rebondir le regard vers la forme abstraite de la peinture et le reflet de l'environnement urbain se déposant en sa surface. Trait d'union entre le dedans et le dehors, ces images interrogent ainsi la frontière entre photographie et peinture, figuration et abstraction, document et trompe-l'oeil.
Tirées en grand format, l'échelle des photographies permet deux visions au spectateur : la possibilité de se trouver enveloppé et immergé dans l'image ou d'apprécier, à distance, une forme tableau. Dans le contexte d'un paysage urbain en perpétuelle transformation, ces vitrines incarnent ainsi un espace liminaire et transitoire. De la transparence à l'opacité, la surface du verre devient ici le lieu d'inscription d'une histoire et le support d'un geste utile et plastique. Ici, entre deux usages du commerce et à l'intérieur du cadre de la vitrine, un anonyme s'est fait peintre pour condamner une vision et en proposer une autre. -
"Last Paradise" est une oeuvre multimédia audacieuse qui fusionne la photographie et la musique pour narrer le périple fictif d'une femme excentrique à travers un paysage balnéaire transformé par des événements cataclysmiques. Située sur la Côte Adriatique italienne, notamment à Rimini et ses alentours, l'histoire se déroule durant la basse saison, offrant ainsi un cadre désolé et mélancolique qui contraste fortement avec l'animation et la vie qui caractérisent ces lieux en période estivale.
L'univers de "Last Paradise" se situe quelque part entre le rêve et la réalité, jouant sur les frontières de l'onirisme et de l'hyperréalisme. Cette esthétique particulière invite les spectateurs à se questionner sur les traces que l'humanité laisse derrière elle dans un monde post-apocalyptique. Les images capturées, marquées par des couleurs saturées et des contrastes saisissants, révèlent à la fois la beauté résiduelle de ces paysages et leur inquiétante désolation, évoquant un futur où la nature et les créations humaines sont abandonnées à elles-mêmes.
La musique de "Last Paradise" est conçue en parallèle, Mathias Delplanques a exploré le musée du synthétiseur vintage ce qui a inspiré sa musique.
"Last Paradise" explore donc les thèmes de la solitude, du passage du temps, et de la nostalgie d'un monde perdu, tout en interrogeant notre rapport à l'environnement et à notre propre histoire.
Kourtney Roy (photographie) et Mathias Delplanques (musique) sont les lauréats de la 6ème édition du Prix Swiss Life à 4 mains pour leur projet Last Paradise.
La Fondation Swiss Life a créé son Prix Swiss Life à 4 mains - Photographie & Musique, en 2014 : le prix est destiné à valoriser des talents et récompense un projet de création croisée et originale d'un photographe et d'un compositeur. Pour la 6ème édition, ce sont le photographe Vincent Fournier et le compositeur Sébastien Gaxie à remporter la mise. Le nouveau binôme lauréat sera accompagné durant deux ans par la Fondation Swiss Life et ses conseillers artistiques : Emilia Genuardi pour la photographie, et Stéphane Amiel pour la musique. -
Les photographies de Vincent Gouriou explore la présence croissante des personnes LGBTQIA+ en milieu rural, en démentant l'idée selon laquelle leur épanouissement est limité aux grandes villes. Vincent Gouriou montre que de nombreux individus LGBTQIA+ choisissent de rester ou de revenir vivre à la campagne, attirés par une connexion à la nature et une recherche de modes de vie écologiques et durables. Malgré cette réalité, leur visibilité reste limitée, perpétuant les stéréotypes.
Dans le cadre de son projet Champs d'amour, Vincent Gouriou parcourt diverses régions rurales : Cantal, Aveyron, Puy-de-Dôme, Allier et Haute-Vienne entre 2023 et 2024. Il y rencontre des personnes engagées dans divers projets : Philippe, éleveur de vaches ; Anthony, passionné de permaculture ; Isabelle et Valérie, éleveuses de moutons ; Boubou, maraîchère, et bien d'autres.
Ces échanges inspirants révèlent des parcours authentiques, comme le message de Boubou : elle encourage les jeunes LGBTQIA+ à rester proches de leurs racines, à être eux-mêmes et à trouver un soutien communautaire. Pour Gouriou, cette diversité humaine, semblable à celle de la nature, est essentielle à l'équilibre de la vie rurale. -
Pays Perdu est un livre de photographies prises en Nouvelle-Zélande par Amaury da Cunha, entre janvier et juin 2020. Parti aux antipodes écrire un roman dans le cadre d'une résidence d'écriture, l'auteur se retrouve tout à coup bloqué sur l'île en raison de la pandémie. Il poursuit cependant son récit qui tourne autour d'une histoire de fantômes. Pour échapper à cet isolement, il se met aussi à photographier son quotidien dans la ville de Wellington où il réside. Il réalise alors de très nombreuses images, sans projet particulier, sinon de se laisser porter par des visions qui résonnent avec ce qu'il est en train d'écrire. Dans cette période de peurs et d'incertitudes, le besoin de penser autrement le monde ne fut peut-être jamais aussi grand ; ce que ce livre raconte en images, au pays du long nuage blanc. "Je photographie comme si je commettais une effraction, mais j'ai, en même temps, le sentiment de recueillir quelque chose qui m'est offert par le hasard. Elle met en branle un désir qui ne peut s'accomplir qu'en mettant l'intention à distance. L'aubaine jouissive : photographier ce qu'on avait pas prévu de voir. L'image, toujours vers le dehors - c'est sa condition d'existence - poursuit aussi son voyage à l'intérieur de nous-mêmes pour retrouver son milieu d'origine : celui des idées et des rêves."
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An inventory of arctic glaciers
Vincent Mercier, Natacha Wolinski
- Filigranes
- 7 Mars 2024
- 9782350466170
Plongez dans un voyage visuel extraordinaire à travers les glaces arctiques avec le photographe Vincent Mercier. Son livre captivant sur l'Arctique est bien plus qu'une simple collection d'images, c'est une expérience sensorielle qui vous emmène au coeur de la beauté glaciale et éphémère de cette région immaculée.
Ce livre est une ode à l'esthétique pure, une célébration de la majesté des glaciers et de leur fragilité. Chaque image est une oeuvre d'art en soi, capturant les formes infinies, les structures chaotiques et les fractales hypnotiques qui composent cet univers glacial. Mais il va au-delà de l'esthétique, car au fil des pages, on ressent également une urgence silencieuse. Au fur et à mesure que vous tournez les pages, vous verrez comment les dernières images du livre annoncent le désordre imminent et inéluctable qui plane sur l'Arctique.
L'approche artistique de Mercier est ambitieuse et innovante. Il a choisi le cyanotype pour traduire visuellement les structures glacières, créant ainsi des images d'une beauté mélancolique. Chaque tirage est le résultat d'un processus méticuleux et exigeant, où le photographe a pris le temps de renouer avec les techniques analogiques, apportant une touche d'authenticité et de profondeur à chaque image.
Ce livre n'est pas simplement un inventaire, mais un témoignage précis et quasi scientifique de la région arctique. Chaque glacier est répertorié avec des coordonnées GPS exactes, offrant une légende détaillée pour chaque tirage. -
À travers l'oeuvre poétique et une sélection du corpusphotographique de Victor Segalen, cet essai propose une exploration des liensentre cet auteur breton méconnu et des artistes contemporains.Écrivain-voyageur, Segalen fut un explorateur émérite de la Chine, dont lesécrits ont renouvelé les genres littéraires tout en inspirant de nouvellesapproches visuelles. Son influence, à la fois subtile et intemporelle, trouvedes échos dans les travaux de photographes comme Thierry Girard et BertrandMeunier, mais aussi dans les images évocatrices de Jacques Borgetto et lesrecherches visuelles poétiques de Vasantha Yogananthan.
Segalen, par son regard moderne et son écriture immersive, ouvre des dialoguesinattendus avec la photographie contemporaine, où l'art du voyage devient unequête d'ailleurs, tant géographique qu'imaginaire. Ce parallèle entre texte etimage invite à un voyage dans le temps et l'espace, révélant la richesse d'unerencontre entre un désir profond d'exploration et les paysages inconnus quil'incarnent.
Cet essai est aussi une invitation àrevisiter l'art de la photographie comme un espace de mystère et de dialogue, oùs'entrelacent mémoire et invention, réel et imaginaire, créant ainsi desinstants suspendus qui transcendent la simple représentation pour atteindre unevérité poétique universelle. -
"Voyage est un projet illustré autour de dix personnalitésrésidentes à La Maison nationale des artistes. Les illustrations se veulentintemporelles et hors du champ lexical de l'âge et de la fin de vie. Chaqueentretien est illustré par une citation, le lieu et l'heure de l'entretien, unepleine page de dessin et une page de bande dessinée. C'est un dialogue entreréalisme et imaginaire, entre présent et souvenir, accompagné de quelquesphrases des entretiens avec les résidents, entrant en résonance avec cesimages.âeurosChaque mot et chaque phrase ont été conservés intacts, simplementcoupés sans ajout. Il était essentiel de respecter leurs façons de parler etleurs phrasés.âeurosL'alliance du dessin et du texte peut parfois nous guider ou aucontraire volontairement nous perdre et nous questionner.âeurosLe titre Voyageévoque à la fois les entretiens avec les résidents, la résidence elle-même, laquestion de l'âge également, et même mon cheminement dans ce projet.âeurosAu retourd'un voyage dans un pays inconnu c'est souvent un mélange d'émotions que l'onressent, on en rapporte des photos, des images très nettes, et des sensationsmais aussi des questionnements, des incompréhensions. Â
Il enressort un sentiment d'intimité partagé avec des personnes si loin de nous ou denotre quotidien. C'est toutes ces impressions que j'ai ressenties, et quej'espère partager avec le lecteur."
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Rencontre Mathieu Lion
Mathieu Lion, Christine Ollier, Charles Stépanoff
- Filigranes
- 9 Janvier 2025
- 9782350466255
Manifestation du mythe explore le lien entre les anciennes traditions orales et les paysages contemporains de Normandie. Inspiré par un mythe selon lequel l'oiseau Roitelet aurait apporté le feu aux hommes, Mathieu Lion utilise la photographie pour questionner notre perception moderne du feu, autrefois allié essentiel de l'homme et désormais souvent perçu comme une menace. Ce projet vise à réexaminer notre relation à la nature, en s'appuyant sur les traces d'une cosmologie ancienne pour mieux comprendre les enjeux actuels de la préservation des campagnes. Lion capture ses images lors de marches immersives, utilisant à la fois des appareils argentiques et numériques pour créer un récit visuel mêlant contrôle et spontanéité. Ses photographies, agencées en séquences, jouent sur les intervalles entre les images pour susciter la réflexion sur ce qui est absent ou hors champ. En parallèle, il s'entretient avec les habitants de la campagne pour enrichir sa perspective, combinant images et documents sonores. En s'appuyant sur les sciences humaines, principalement l'anthropologie, Manifestation du mythe propose un regard hybride sur le monde rural, questionnant la relation entre l'homme, la nature et les autres formes de vie qui peuplent ces territoires.
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Ecrivaine, relieuse d'art, photographe et première femme océanographe, elle s'impose dans l'univers très masculin de la pêche. Elle participe en 1935 à diverses campagnes sur le premier navire océanographique français puis, avant la seconde guerre mondiale, sur un chalutier-morutier en campagne en mer de Barents et au Spitzberg durant 100 jours. Ses missions lui permettent de publier des rapports et des articles illustrés par ses photographies prises avec son appareil Rolleiflex ; elle ne manque pas de dénoncer la surexploitation des océans. Durant la guerre, elle obtient l'autorisation d'embarquer en tant que photographe de la Marine sur des dragueurs de mines en Manche et en mer du Nord, photographiant les tentatives de déminage. Durant les années de la France occupée, Anita Conti contribue à améliorer les conditions de pêche sur les côtes de l'Ouest africain ; au Sénégal, elle implante des stations de séchage de poissons et crée en Guinée une pêcherie de requins.
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Los muros hablan (Les Murs parlent) est une série de photographies montrant les traces d'inscriptions que les participants aux manifestations du 15-M, aussi connu comme le mouvement des Indignés, ont laissées sur les murs d'institutions financières et politiques de Barcelone et Madrid au cours de leurs déambulations dans les rues. Sous forme de retranscription, cette publication reprend également les slogans successifs du mouvement.
À la façon d'une archéologue du visible, Anna Malagrida enregistre les traces du conflit, écritures barrées ou effacées, sur la surface des murs transformés par les participants anonymes en espaces d'interpellation matérielle et symbolique. Si les pieds des murs sur la rue et leur apparente puissance monumentale rendent compte d'une lutte inégale, l'autrice les photographie alors qu'ils portent encore les restes obstinés des inscriptions.
L'acte photographique devient ainsi geste de résistance. L'enregistrement de ces traces et la restitution des messages et des voix fonctionnent comme archive d'un mouvement collectif qui a fait sienne la remise en question de sa propre notion de représentation : « Ils ne nous représentent pas... parce que nous sommes irreprésentables. » -
Son vrai nom est Robert Ducasse. Nous continuons à l'appelerKari, comme nous le faisions au quartier Latin avant la guerre. Il faisaitpartie d'une bande de jeunes taupins, talentueux, les uns intégrantPolytechnique, les autres Normale supérieure, d'autres les Ponts ou Centrale.Jeunes
officiers au début de la guerre, nous les avons tousretrouvés dans la Résistance. [...] Ainsi notre ami Kari, centralien, officierde marine, fils d'un pasteur exerçant son sacerdoce à Dieuze en Moselle,s'est-il retrouvé, après la débâcle, quelque part dans le Gard avec sa famille.J'en connaissais tous les membres, trois soeurs et deux frères dont il estl'aîné. Ce grand garçon
silencieux, athlétique, un peu mystérieuxmême pour ses proches, avait été de toutes nos aventures d'étudiants. Avec lui[...] nous descendions en kayak les gorges du Tarn. Avec lui, nous partions unebonne dizaine, peaux de phoque sous les skis, à l'assaut des sommets neigeux duQueyras, pour
redescendre dans une apothéose de poudreuse. C'estlui qui nous convoquait la nuit, sous la coupole de l'Observatoire à Paris, pournous initier à la connaissance du ciel. Il faisait de merveilleuses photos.Aussi bon marin que bon randonneur, il était le meilleur ami qui soit. Mais ilavait ses jardins secrets que nous ne pouvions explorer.
LucieAubrac, Ils partiront dans l'ivresse, 1997
RobertDucasse Juste parmi les Nations, bras droit de Raymond Aubrac au mouvementLibération, infiltré à Radio-Vichy, responsable de la Résistance de la régionlyonnaise puis délégué militaire régional pour l'Aquitaine, Robert Ducasse a étéexécuté le 1er août 1944 avec des dizaines d'autres camarades, en pleine débâcleallemande, au Camp de Souge, non loin de Bordeaux. Fusillé sous deux noms, soncorps a fini desséché dans une lande battue par le vent, recouvert par l'oubli,sans être retrouvé.