Les presses du réel
-
Paru en 1971, publié dans plus de vingt langues, mais indisponible en français depuis 1974, Design for the Real World est, bien plus qu'un classique de l'histoire du design, le livre-manifeste de tout design politique et écologique. Il vise l'inclusion sociale plutôt que le profit monétaire, lutte contre l'asservissement des besoins au marché, prône le respect de l'environnement plutôt que l'exploitation illimitée de la nature et de ses ressources. Cette réédition critique de la traduction française, accompagnée d'essais d'Alison J. Clarke et Emanuele Quinz, offre un aperçu du programme de Victor Papanek : confier au design une mission révolutionnaire, qui, aujourd'hui plus que jamais, révèle son étonnante pertinence.
-
Histoire de l'art et lutte des sexes
Françoise d' Eaubonne, Vincent D'Eaubonne
- Les presses du réel
- 28 Août 2025
- 9782378965617
À l'heure où les grands textes qui ont marqué l'histoire de l'art sont réédités (Linda Nochlin, Griselda Pollock, Carla Lonzi), afin d'enrichir la réflexion féministe actuelle en histoire de l'art, il était important d'apporter une autre pierre à cet édifice : la pensée de Françoise d'Eaubonne. Connue pour avoir imposé le terme d'écoféminisme, elle est l'autrice d'une centaine d'essais, romans et autres recherches, qui rencontrent un succès auprès des nouvelles générations depuis une dizaine d'années. Histoire de l'art et lutte des sexes complète le panorama par une réflexion féministe sur la fabrique d'une histoire de l'art déjà critique, une histoire marxiste de l'art, mais qui n'inclut pas une perspective féministe. Françoise d'Eaubonne se situe à cette croisée-là, rejoignant les historiennes de l'art les plus reconnues de son époque par ses analyses puissantes, nourries de références à de multiples champs, soutenues par un ton entraînant et une argumentation solide.
Le regard porté sur des oeuvres connues, qu'elle a pour la plupart pu voir au musée du Louvre, relève du champ des études féministes, de genre, queer, des sexualités tout autant que d'une histoire sociale de l'art. Il était temps de redonner une visibilité à cet ouvrage pionnier, complètement délaissé par l'histoire de l'art, afin de lui faire rencontrer une nouvelle génération de lecteurs-ices. Pour faciliter l'accès aux multiples références convoquées, il a été nourri d'un appareil de notes conséquent, qui accompagne la lecture et situe les références qui structurent l'argumentation de Françoise d'Eaubonne. -
Un récit autobiographique et une méditation sans compromis sur le sens du design, par la voix de celui qui a représenté la conscience éthique et politique de la discipline dans la seconde moitié du XXe siècle.
-
L'Encyclopédie des Objets Impossibles
Collectif, Irene Dunyach
- Les presses du réel
- Cité Du Design
- 22 Septembre 2025
- 9782378965426
Un inventaire critique et illustré d'objets de cinéma et de ciné-objets impossibles, improbables, impensables et à penser, issu d'un vaste travail de recherche pour envisager les connexions et enrichissements mutuels entre le cinéma et le design, tous deux considérés comme des réservoirs à fiction, avec une trentaine de contributions, essais théoriques ou notices de chercheur·ses en design et de designers (Pierre-Damien Huyghe, Joséphine Jibokji, Vincent Beaubois, Emmanuelle Caccamo, etc.).
Contributions de L'Agence du doute, Vincent Beaubois, Pierre Bourdareau, Emmanuelle Caccamo, Karim Charredib, Henri Desbois, Irène Dunyach, Guim Espelt, Guillaume Gomot, Arthur Grouillard, Éline Grignard, Pierre-Damien Huyghe, Joséphine Jibokji, Anne-Cécile Lenoël, Anthony Masure, Fanny Maurel, Manon Ménard, Carole Nosella, Saul Pandelakis, Jean-Étienne Pieri, Élise Rigot, Lucie Soquet, Flavia Soubiran, Ketty Steward, Arnaud Widendaele. -
Vers une écologie critique
Tomas Maldonado, Raimonda Riccini
- Les presses du réel
- 24 Avril 2025
- 9782378962753
Publié en 1970 et rapidement traduit en plusieurs langues, cet ouvrage constitue un jalon majeur dans l'histoire du design. Il pose les fondements d'une réflexion critique et engagée, ouverte à une perspective écologique, face aux dérives des régressions utopiques ou du productivisme exacerbé. Tomás Maldonado, figure pionnière de la seconde moitié du XXe siècle, défend, à l'intersection des disciplines et des cultures, l'idée que l'espoir doit imprégner la manière dont le design appréhende le monde. Ce livre en constitue le manifeste.
-
Manuel d'écologie urbaine
François Chiron, Audrey Muratet, Myr Muratet
- Les presses du réel
- 21 Juin 2019
- 9782378960872
Ce manuel propose un état des connaissances actuelles sur le fonctionnement de la nature en milieu urbain : son écologie.
Les villes sont des structures complexes qui abritent une disparité de conditions de vie. Elles peuvent générer des viviers de biodiversité comme elles peuvent les détruire. Elles sont elles-mêmes des organismes qui se développent, mutent, périclitent. Ce manuel analyse ces phénomènes. Il affirme quelques principes afin de pallier la cécité écologique des citadins, et parer à l'agonie des écosystèmes urbains.
Ce manuel entend provoquer une prise de conscience. Elle est nécessaire, insuffisante et pourtant indispensable. Chaque être vivant dépend des interactions entretenues avec les milieux et le vivant qui l'entourent, quels qu'ils soient. L'ouvrage souligne par là même les dimensions sociologiques, urbanistiques et politiques induites.
-
Initialement paru en 1965, Du tissage retrace le passage de l'artisanat à la production industrielle, soulignant toute l'importance de la matérialité et les innovations créatives apparues à chaque fois que des questions de design ont été résolues à la main.
En plaçant les matériaux et le métier à bras au coeur de sa réflexion, Anni Albers rend compte des limites imposées à la créativité et au savoirfaire par la technologie et la production de masse, plaidant pour un retour à l'ingéniosité humaine aujourd'hui devenu essentiel. Sa prose limpide, captivante, s'accompagne d'une foule d'illustrations dont la grande richesse met en lumière l'histoire du médium : schémas à la main, détails de textiles précolombiens, études réalisées à partir de grains de maïs, de papier ou à la machine à écrire accompagnent de précieuses reproductions de ses propres oeuvres.
Cette édition augmentée, qui place Du tissage à la portée d'une nouvelle génération de lecteurs, substitue aux illustrations en noir et blanc de l'édition originale des photographies en couleur. S'y ajoutent une postface de Nicholas Max Weber et deux essais de T'ai Smith et Ida Soulard qui apportent un éclairage inédit sur l'artiste et sa carrière. -
Les abstractions concrètes d'Anni Albers (1899-1994) : Une histoire textile de la modernité
Ida Soulard
- Les presses du réel
- 11 Octobre 2024
- 9782378964467
Née à Berlin en 1899, Anni Albers, artiste, designer et éducatrice, s'est rapidement heurtée aux préjugés de genre qui régnaient dans l'Allemagne des années 1920. Pourtant, elle sut tirer parti de toutes les contraintes pour en faire une force au service de la construction d'un art qu'elle rêvait intemporel. Entre deux continents et deux modernités, du Bauhaus, en Allemagne, au Black Mountain College aux États-Unis, elle a révolutionné l'art du tissage et redéfini les frontières entre l'art et le design. Encore liées, au début du XXe siècle au travail des femmes et à ce qu'on pourrait nommer une « sensibilité féminine », artisanat domestique, art d'ameublement, d'ornement et de surface, les pratiques de tissage reposent sur des systèmes de règles et de codes. Anni Albers invente un langage tactile-textile, abstrait, fonctionnel et sensuel, échappant aux classifications traditionnelles.
Cette première monographie d'ampleur consacrée à l'oeuvre textile d'Anni Albers apporte un point de vue nouveau sur une histoire de l'art moderne au prisme des créations et pratiques textiles. Pourquoi s'intéresser aujourd'hui à cette histoire moderne des formes textiles ? Précisément parce qu'à une époque de profondes transformations culturelles elles offrent une multiplicité de bifurcations possibles et de chemins historiques non empruntés. À la fois portrait détaillé d'une artiste majeure du XXe siècle et essai dense et charpenté, ce livre constitue une porte d'entrée essentielle pour quiconque souhaite explorer l'univers fascinant d'Anni Albers, sa contribution à l'art et au design moderne, et la richesse de son héritage artistique. -
Arts, écologies, transitions : Un abécédaire
Roberto Barbanti
- Les presses du réel
- 4 Juin 2024
- 9782378964856
Réalisé par une cinquantaine d'artistes ou de chercheurs et de chercheures en arts (danse, cinéma, musique et arts sonores, arts plastiques, théâtre, arts numériques, littérature, photographie, performance), et coordonné par un collectif de l'Université Paris 8, ce livre souhaite contribuer au tournant écologique des arts. La notion d'écologie est ici entendue au sens large (dans une perspective guattarienne), et intègre à la perspective environnementale celles des écologies mentale et sociale : les pratiques artistiques se font écosophiques dès lors qu'elles interrogent la notion même d'esthétique, à la croisée de l'aisthétis (le sensible), de l'éthique et du politique. Respectueux de la multiplicité et de la complexité du monde, l'ouvrage est organisé sous la forme d'un abécédaire qui fait état du foisonnement des pratiques artistiques contemporaines en prise avec les enjeux écologiques. Sa forme en est également le reflet, chaque notice assumant sa singularité, du discours académique à des formes d'écritures engagées.
-
Théories du design, une introduction
Claudia Mareis, Maxime Le Calve
- Les presses du réel
- 1 Septembre 2023
- 9782378961527
Le design est omniprésent. Il englobe aujourd'hui bien plus que le simple embellissement esthétique de produits de l'industrie de consommation. Les théories du design thématisent plutôt le caractère fondamentalement « fabriqué » de notre réalité et ouvrent ainsi un champ de recherche interdisciplinaire qui va au-delà des définitions traditionnelles du design en tant que pratique artisanale ou industrielle. Cet ouvrage de Claudia Mareis introduit - en partant du design lui-même - les principales théories du design du XXème siècle. Il esquisse des approches et des modèles qui postulent une notion élargie du design et établissent des interfaces interdisciplinaires avec les sciences humaines et techniques, mais aussi avec les questions de société.
-
Première monographie consacrée à l'oeuvre du jeune peintre français. Centrée sur de récents travaux produits entre 2016 et 2018, la publication propose des vues d'expositions et un riche ensemble de reproductions. La documentation visuelle s'accompagne d'un texte de Frédéric Valabrègue, qui nous mène jusque dans l'atelier de l'artiste, et d'un entretien réalisé par Alain Berland.
Tout prendre. Ne rien lâcher. Faire peinture avec et contre tout. Renouveler sa spontanéité dans le champ des possibles picturaux : classicisme, expressionnisme, figuratif, abstrait, print painting, bad painting, all-over, matièrisme. Pour Julien des Monstiers, chaque peinture constitue un ensemble dont les différentes manières de faire se comprennent par un tout qui leur donne sa signification. Une peinture holistique, qu'on ne peut réduire à la somme de ses parties et qui échappe à toute définition pré-établie. Des formes et des gestes empruntés, sans aucune hiérarchie, aux grands récits du médium : de Diego Velasquez à Jean-Baptiste Oudry, de Robert Rauschenberg à Gerhard Richter, de Lucio Fontana à Sigmar Polke, mais aussi à l'histoire de ses motifs, celle des scènes de chasse, des décors floraux, des tapisseries. Une oeuvre peinte sur toile ou sur bois, au sol ou au mur, selon les nécessités, dans d'incessants allers-retours. Des empreintes par transfert, comme il le fait toujours, mais aussi des gestes précis, lents ou rapides, faits avec des pinceaux, bien sûr, mais aussi des outils divers, des bâtons et pourquoi pas, si l'envie lui vient, des billes. Tout est à saisir pour l'artiste qui considère le châssis comme un objet sur lequel on peut construire, à l'aide d'emprunts et d'inventions, son propre territoire.
Des peintures faites de couches constamment contrariées, des strates si étroitement superposées qu'on ne peut les différencier. Un « non style », riche de surcharges, de dissonances colorées, d'empâtements qui devient paradoxalement « un style ». Disparate parfois, pour le regardeur et peut-être même pour son auteur, car riche de sensations ambiguës, d'impressions qui vont du rejet à la félicité. Une oeuvre, sans aucun soucis de sérialité, la composante la plus appréciée de nos jours, puisqu'elle permet au monde de l'art, et surtout à son marché une identification immédiate. Une peinture qui n'est pas une fenêtre ouverte sur le monde, mais une somme de portes qui conduit aux espaces où gît la matière de la création. Peut-être celle, toujours, à la fois, lointaine et proche des grottes primitives qu'invoque, si souvent, l'artiste. Des lieux magiques où nos ancêtres composaient avec les saillies et les retraits de la roche, mais aussi avec leur environnement, les lumières mouvantes, les accidents et les trajectoires manquées.
Alain Berland Publié à l'occasion de l'exposition « Maison, Sarcophage, Allumettes », galerie Christophe Gaillard, Paris, du 8 septembre au 13 octobre 2018.
-
Variations Fassbinder : Images d'Allemagne, désirs de cinéma
Guillaume Sibertin-Blanc, Armelle Talbot
- Les presses du réel
- 22 Mai 2024
- 9782378964221
Les expérimentations du cinéaste dans les codes du cinéma de genre - film criminel, mélodrame, SF - y sont envisagées comme autant d'issues cherchées à un cinéma d'Allemagne impossible, tendu entre une industrie culturelle nationale sortie du IIIe Reich radicalement discréditée et l'empire exercé par les États-Unis sur le marché du film et la fabrique des imaginaires. Puisque c'est à Hollywood qu'est né le désir de cinéma de Fassbinder dans la RFA de l'après-guerre, que faire, sinon tenter d'en autochtoniser les images, risquer des films de gangsters allemands, des mélodrames d'immigrés et de déclassés munichois ? Et dans quelles images parvenir encore à machiner son désir dans la nouvelle conjoncture sensible imposée par l'Automne allemand et l'emprise de la communication médiatique ? Pour qui n'a pas de moyens d'expression propres mais seulement des langues étrangères à la fois incontournables et inappropriables, la citation se révèle le geste par excellence d'un cinéma mineur, voué à travailler dans des images d'emprunt, et à acclimater impossiblement les manières de vivre qu'elles prescrivent aux corps censés les incarner.
-
Depuis quelques années, des objets étranges ont fait leur apparition dans le monde du design, des objets dysfonctionnels, énigmatiques, compliqués, qui mettent en crise les catégories du projet, des objets, de la fonction au profit des processus, des explorations, des déviations. Ces objets relèvent d'une posture que les designers anglais Anthony Dunne et Fiona Raby ont défini Critical Design (design critique) : un design spéculatif, réflexif, qui ne veut pas proposer des solutions, mais plutôt poser des questions, qui veut défier les affirmations rapides, les préjugés et lieux communs sur le rôle des produits dans la vie de tous les jours. Un design qui ne se veut pas affirmatif, c'est-à-dire soumis aux impératifs des systèmes de pouvoir, mais au contraire critique.
A partir de ces quatre moments saillants que sont le design radical italien de la fin des années 1960 et 1970, le design conceptuel néerlandais des années 1990, le critical design anglais des années 2000 et enfin la scène contemporaine, notamment en France, cet ouvrage montre comment ce strange design n'est pas tant un style qu'une posture critique qui ne cesse d'irriguer le champ du design.
Nouvelle édition de l'ouvrage publié par it: éditions en 2014 (ISBN 978-2-917053-18-8). -
La salle de bains : De l'hygiène au bien-être
Jolanthe Kugler
- Les presses du réel
- 29 Avril 2025
- 9782378965778
Dans le cadre d'une vaste réflexion sur l'habitat, abordant le design à travers ses différents usages et à partir de cas concrets, la conservatrice, urbaniste et historienne de l'art Jolanthe Kugler explore la dimension historique et sociétale des objets emblématiques de la salle de bains, mettant en lumière l'évolution des représentations liées à cet espace domestique apparemment banal.
-
Construire un Matrimoine de la BD : Créations, mobilisations et transmissions des femmes dans le neuvième art, en Europe et en Amérique
Marys Renné Hertiman, Camille de Singly
- Les presses du réel
- 29 Mai 2024
- 9782378964672
eut-on encore raconter l'histoire de la bande dessinée sans parler des femmes qui y ont contribué ? Pourtant, jusqu'à tout récemment encore, les « Maîtres du neuvième art » étaient des hommes, occultant ainsi l'apport des créatrices.
L'ambition de cet ouvrage est de restituer aux créatrices de BD la place qui leur revient, et de repenser l'histoire du neuvième art en s'attachant à des trajectoires, des sujets et des oeuvres silenciés. S'appuyant sur les recherches menées par le groupe de travail « Les Bréchoises » en 2020-2022, le livre offre de multiples ressources permettant de dégager les contours d'un matrimoine de la BD en Europe et dans les Amériques, depuis le XIXe siècle jusqu'à la période contemporaine. Consacré à l'évolution esthétique, discursive, politique et genrée, il met ainsi en lumière le travail des coloristes, dessinatrices, éditrices et scénaristes ayant contribué à ce médium. Leur présence dans le champ professionnel de la BD en France, en Espagne, au Canada, aux États-Unis, en Allemagne, en Argentine, au Mexique, au Brésil et en Belgique constitue un héritage vaste et complexe dont les composantes, contrairement aux idées reçues, se comptent par centaines. Dès lors, l'ouvrage invite à relire l'histoire de cette forme d'expression dans une approche inclusive et transversale qui traverse les siècles et les espaces. -
Erik Satie en notes et en mots
Erik Satie, Ornella Volta
- Les presses du réel
- L'Écart Absolu
- 19 Août 2025
- 9782840667537
Dans son ouvrage posthume, Ornella Volta dresse un portrait fascinant d'Erik Satie, compositeur aussi inclassable que profondément moderne. Elle y poursuit une quête minutieuse, analysant ses écrits sous toutes leurs formes avec une rigueur quasi archéologique. Satie y apparaît provocateur, mélancolique, mystique et profondément ironique, prônant une musique libérée des conventions. De ses oeuvres emblématiques comme les Gymnopédies aux oeuvres radicales comme la Musique d'ameublement ou Relâche, il poursuit une recherche obstinée d'une esthétique ouverte, sensorielle, où l'humour devient une forme de résistance poétique.
Cet ouvrage rassemble pour la première fois de manière complète et commentée les textes de Satie, ses réflexions sur ses oeuvres, ainsi qu'une documentation inédite (manuscrits, articles, archives), offrant une plongée approfondie dans l'univers singulier du musicien. -
L'Art dans la vie : Le constructivisme soviétique dans les textes
Valérie Pozner
- Les presses du réel
- 8 Octobre 2024
- 9782378960353
Au début des années 1920, en Union soviétique, le constructivisme invente un art pour le plus grand nombre, tourné vers le futur, concret, fonctionnel, en lien direct avec la vie, à rebours des courants qui le voyaient comme un univers autonome offert à la contemplation. La peinture de chevalet doit céder la place à l'affiche, la littérature à la presse, le théâtre aux actions de masses.
Ce recueil rassemble manifestes, écrits d'artistes et de théoriciens parfois déjà connus en français, donnés ici dans une nouvelle traduction, ainsi que de très nombreux textes inédits, collectés au fil d'années de recherches. Il ne se cantonne pas aux formes d'art les plus étudiées, mais investit des champs négligés comme le mouvement ou la musique, et met en valeur des textes de femmes jusque-là ignorées pour leur apport théorique. Il importe aussi de restituer la dimension utopique du mouvement, y compris dans ses expressions les plus radicales. L'iconographie montre comment les théories évoquées s'animent et s'incarnent dans la pratique. Chaque section est introduite par un spécialiste du champ considéré. L'important appareil critique et les nombreuses illustrations permettent d'accompagner le lecteur dans l'univers foisonnant de cette période unique pour l'histoire mondiale de l'art.
Cette contribution majeure à l'étude des avant-gardes soviétiques témoigne d'une diversité plus grande qu'on ne l'imaginait, d'une inventivité et d'une soif de changement qui ont ensuite été écrasées par le stalinisme. -
L'art en commun ; réinventer les formes du collectif en contexte démocratique
Estelle Zhong mengual
- Les presses du réel
- Oeuvres En Societe
- 7 Janvier 2019
- 9782378960087
Une enquête sur les enjeux à la fois artistiques et politiques de l'art participatif, depuis les années 1990.
Jeremy Deller propose aux anciens mineurs d'Orgreave de participer à la reconstitution historique en costume de l'émeute ouvrière anglaise de 1984. Javier Téllez organise avec les patients de l'hôpital psychiatrique de Tijuana la propulsion d'un homme-canon par-dessus la frontière américano-mexicaine. Thomas Hirschhorn invite les habitants d'un quartier du Bronx à construire un monument en l'honneur du philosophe Antonio Gramsci. Une peau de cerf sur les épaules, Marcus Coates rencontre les résidents d'HLM à Londres et réalise une consultation spirituelle du lieu, en qualité de chaman.
Ces pratiques artistiques contemporaines forment une nouvelle galaxie étrange, qu'on appellera ici art en commun. Il s'agit de créer dans l'espace social plutôt que dans l'atelier ; sur une longue durée et avec d'autres plutôt qu'en son for intérieur ; de façon collective plutôt que démiurgique. L'oeuvre n'est pas le fruit du travail de l'artiste seul, mais celui d'une collaboration en présence entre artiste et volontaires.
Ce dispositif artistique bouleverse notre conception de l'art et nos catégories esthétiques. Mais il revêt aussi une dimension politique, en s'emparant des questions de participation et de communauté qui comptent parmi les enjeux les plus cruciaux des tentatives actuelles de vivification de la démocratie, comme de la reconfiguration de nos manières de vivre.
Cet ouvrage propose d'interroger les liens entre participation en art et en politique dans le contexte démocratique et néolibéral qui est le nôtre. Et de penser comment l'art en commun peut contribuer à la réinvention des formes possibles du collectif.
-
L'art et la race ; l'africain (tout) contre l'oeil des lumières
Anne Lafont
- Les presses du réel
- Oeuvres En Société
- 20 Février 2019
- 9782378960162
L'historienne de l'art Anne Lafont livre une étude inédite sur les relations étroites et paradoxales de l'art et de la race à l'époque des Lumières. Une nouvelle voix dans les travaux actuels sur les questions de race, d'art, d'images et de colonies.
En se fondant sur un corpus d'oeuvres d'art connues et moins connues, l'auteure revisite les Beaux-Arts au XVIIIe siècle sous l'angle de la représentation des Noirs, figures qui, non seulement, articulent savoirs anthropologiques et expériences esthétiques, mais aussi histoire du luxe métropolitain et histoire de l'esclavage colonial. Ce livre est fondé sur une recherche de plus de dix ans sur les formes qu'ont prises les figures de l'Africain et de l'Africaine dans l'art continental et colonial français d'avant l'imaginaire abolitionniste. Il couvre les cultures visuelles et artistiques qui vont de la fin du XVIIe siècle - à l'époque de Coypel, Mignard, Largillière... - quand les colonies antillaises commencèrent à percer dans le champ artistique métropolitain, au premier tiers du XIXe siècle - à l'époque de Girodet, Benoist et Léthière jusqu'à Géricault... - quand l'échec de la première abolition de l'esclavage (1802) durcit l'iconographie partisane, mettant la violence des vies dans les plantations à l'ordre du jour de la création artistique. -
Shock Factory : Culture visuelle des musiques industrielles (1969-1995)
Nicolas Ballet
- Les presses du réel
- 15 Septembre 2023
- 9782378962227
Une vaste étude de la culture visuelle des musiques industrielles au cours de leur développement en Europe, aux États-Unis et au Japon, des années 1970 aux années 1990, culture globale dépassant la seule expérimentation sonore pour croiser différents médias (graphisme, film, performance, vidéo), dans un dialogue étroit avec l'héritage de la modernité et sous l'emprise croissante des technologies.
Le courant des musiques industrielles, apparu au milieu des années 1970, loin de s'en tenir à un phénomène d'expérimentation sonore a produit en quelques années une culture visuelle globale croisant de nombreuses pratiques artistiques (collage, mail art, installation, film, performance, son, vidéo), dans un dialogue étroit avec l'héritage de la modernité et sous l'emprise croissante des technologies. Ce phénomène britannique amorce un mouvement qui connaît un grand développement en Europe, aux États-Unis et au Japon durant les années 1980. Élaboration de synthétiseurs, manipulation et transformation de sons enregistrés issus de bandes audio, recyclées ou conçues par les artistes, les expérimentations sonores déployées par les groupes industriels viennent enrichir un éventail de productions visuelles radicales, prenant leurs sources dans les utopies modernistes de la première partie du XXe siècle. Les sons saturés et dissonants se traduisent en images abrasives, altérées par un détournement des techniques de reprographie (Xerox art) qui investissent des thèmes ambivalents, pour le moins polémiques pour l'époque : contrôle mental, criminalité, occultisme, pornographie, psychiatrie et totalitarisme, notamment.
Ce livre entend inscrire le projet visuel de la culture industrielle dans une histoire générale de l'art en analysant la dissidence d'une scène qui anticipe les problématiques actuelles autour des médias et de leur pouvoir coercitif. -
L'Art de la contre-enquête : Esthétiques de l'investigation. Politiques de vérité
Eyal Weizman, Matthew Fuller
- Les presses du réel
- Esthétique:Critique
- 16 Mai 2025
- 9782378964993
Un nombre croissant d'artistes contemporains opte pour le mode de l'enquête. Plutôt que de « faire oeuvre », ces artistes se soucient avant tout de documenter la violence d'État, l'effet des technologies répressives ou la destruction de l'environnement. Inversement, les journalistes, avocats et activistes ont de plus en plus recours à des pratiques de visualisation directement issues du domaine de l'art. En recroisant les vidéos amateurs, les images satellites et les témoignages, des contre-enquêtes voient le jour dont dimension visuelle et esthétique a d'autant plus d'impact. Le livre donne à voir toute l'ampleur de cette nouvelle « esthétique d'investigation » : en mobilisant des stratégies éprouvées en art ou en architecture, il s'agit de montrer les torts subis et de faire émerger une vérité souvent inconfortable.
Le travail mené depuis désormais de longues années par Forensic Architecture rejoint d'autres pratiques de contre-analyse citoyenne, afin de briser les monopoles d'Etat sur les technologies de surveillance et de contredire les récits officiels. Que ce soit dans l'atelier ou le laboratoire, la salle d'audience ou la galerie, en ligne ou dans la rue, cet art de la contre-enquête replace la vérité au coeur d'un souci partagé et tisse les liens d'un nouveau « sens commun ». -
Handmade readymade : Dessin et illustration dans le Pop art américain et britannique (1950-1975)
Marine Schutz
- Les presses du réel
- 15 Mai 2025
- 9782840662846
Au début des années 1960, en marge de la peinture, le dessin est redécouvert comme un dispositif léger et familier, que les artistes convoquent pour son immédiateté et sa grande porosité à l'environnement visuel. La démocratisation artistique qu'engagent les peintures pop basées sur les images publicitaires et la création de feuilles autonomes imposent un décloisonnement total des hiérarchies artistiques et culturelles, en confrontant le modernisme sur le terrain de ses propres refoulés : l'image et la figure.
Pour David Hockney, Roy Lichtenstein, Claes Oldenburg et Andy Warhol, envisager le retour de la main, dans le temps même où celle-ci est supposée opérer son propre désengagement, c'est exprimer des positions critiques qui se font l'écho de revendications sociales plus larges, de l'affirmation d'un art pour tous au dépas-sement des normes de genre.
L'étude de Marine Schütz se propose d'éclairer les leviers de l'autonomisation du dessin par l'analyse des oeuvres, des processus, des expositions et des discours des artistes, révélant par là la contribution du Pop art à la constitution du dessin en un art contemporain. C'est tout un pan de cette histoire inédite du Pop art que cet ouvrage vise à écrire, resituant le rôle de premier plan que tient le dessin dans le développement des liens resserrés entre l'art et la vie. -
K. B. W. : La bibliothèque Warburg, laboratoire de pensée intermédiale
Philippe Despoix
- Les presses du réel
- Perceptions
- 12 Octobre 2023
- 9782378963385
Les enjeux de la bibliothèque et de la collection photographique mises en oeuvre par Aby Warburg, en tant que « laboratoire » de recherches collectives sur les formes de transmission des images depuis l'Antiquité. Une étude de cas exceptionnel, traversée par la question : quel a été l'impact de la photographie dans le tournant que Warburg marque dans l'histoire de l'art et de la culture ?
La Kulturwissenschaftliche Bibliothek Warburg fonctionna, dans les années 1920, comme un véritable laboratoire de recherche sur les formes de transmission des images depuis l'Antiquité. Si son fondateur Aby Warburg (1866-1929) en fut la figure centrale, cette bibliothèque pionnière fut toujours imaginée comme une entreprise collective, et serait impensable sans l'apport essentiel d'autres personnalités (Fritz Saxl et Gertrud Bing notamment) dont l'importance commence enfin à être reconnue. Laboratoire à la croisée des disciplines, la KBW fut aussi et avant tout un espace de pensée intermédiale, où se conjuguent autant de gestes techniques : photographier et collecter, cartographier et mettre en série, construire des voisinages, projeter, exposer enfin. Seuls ces modes de visualisation autorisent à comprendre toute la portée des concepts warburgiens connus (« formule de pathos », « vie posthume », « migration des images »...). C'est l'articulation dynamique de ces opérations, au coeur desquelles se trouve la reproduction photographique, qui distingue la Bibliothèque et sa collection d'images en tant que dispositif plurimédial de connaissance. Sa reconstruction détaillée explicite ici les conditions de possibilité de l'« espace de pensée » ouvert par l'instrumentaire warburgien, la singularité de son anthropologie visuelle, ainsi que son potentiel toujours critique. -
Formes du désir : Une brève histoire de la collection d'art
Olivier Berggruen
- Les presses du réel
- Oeuvres En Societe
- 10 Octobre 2024
- 9782378964900
Au fil des chapitres, nous découvrons comment la collection d'art reflète - ou répond - au caractère d'un individu. Ainsi, la collection est tour à tour projection de fantasmes infantiles (Bruce Chatwin), du pouvoir et de la gloire (Isabelle d'Este, Robert Walpole), d'un certain prestige social (J.P. Morgan), de la force réparatrice et consolatrice de l'art (les frères Goncourt, les films de Luchino Visconti), d'une attitude esthétique (Bernard Berenson, Heinz Berggruen), de préoccupations sociales (Dominique de Menil, Agnes Gund), agencement de la pensée par l'art (le couple Arensberg et Marcel Duchamp, Ibrahim Mahama), travail sur la mémoire (David et Rose Cholmondeley), dépassement de l'art en tant qu'objet matériel (Yves Klein, Tino Sehgal), ou encore de rejet des objets devenus superflus, comme si l'on se débarrassait d'un poids astreignant pour gagner en légèreté (Ludwig Wittgenstein).
L'accumulation d'oeuvres d'art doit être interprétée comme autant de manières de créer des mondes, où les objets transforment et témoignent de l'existence de celles et ceux qui les ont rassemblés.