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Megep
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Datées de 1920, les Cinq Aquarelles sont les premières compositions de Lucien Durosoir. Lorsqu'il les entreprend, il vient d'être démobilisé après avoir passé au front les cinquante-cinq mois qui s'inscrivent entre le 4 août 1914 et le 5 février 1919. Volonté d'oubli, de reconstruction de soi, d'immersion dans la musique salvatrice : la composition remplacera désormais la carrière de soliste saccagée par la guerre. Cinq délicates aquarelles, évocations rapides et fugaces des multiples registres de l'expression du violon.
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Aquarelles ; berceuse, ronde ; pour violoncelle et piano
Lucien Durosoir
- Megep
- 1 Octobre 2003
- 9790707051016
Ces deux pièces représentent la version pour violoncelle et piano, réalisée par Lucien Durosoir, de deux des Cinq Aquarelles pour violon et piano. La Berceuse ondule doucement sur un rythme de barcarolle et son thème, tournant indéfiniment sur lui-même, semble, pour finir, ne s'éloigner qu'à regret. La Ronde lui oppose sa vigoureuse énergie giratoire, dans une écriture qui évoque le classicisme de Jean-Marie Leclair, violoniste-compositeur du XVIIIe siècle que Lucien Durosoir jouait et admirait.
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Des vers du Centaure de Maurice de Guérin, notés en exergue, évoquent l'inquiétude de l'Homme devant les vastes espaces et la dimension divine de l'univers. Ils pourraient avoir suggéré certains des procédés musicaux de cette deuxième oeuvre de Lucien Durosoir : la présence quasi obstinée des sextolets de doubles croches sur lesquels s'entrelacent les longues mélodies du violon et de l'alto, deux éléments qui confèrent à ce mouvement son unité d'écriture, constamment altérée, cependant, par les subtiles nuances de tempo et de mètres variés.
L'oeuvre existe aussi avec accompagnement d'orchestre. -
I. Allegro moderato
II. Scherzo
III. Adagio
IV. Finale -
« À Maurice Maréchal, en souvenir de Génicourt (hiver 1916-1917) ». Cette oeuvre, datée de 1921, est l'une des premières de Lucien Durosoir. Elle est encore tout imprégnée des souvenirs sanglants de la Grande Guerre dont les deux musiciens partagèrent les dangers. Les deux instruments semblent se disputer le droit d'exprimer les multiples fluctuations de ce Caprice, reflet d'une pensée musicale toujours en quête d'une autre vérité.
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À sa source, le sonnet Jouvence de José-Maria de Hérédia qui décrit les rêves démesurés de Juan Ponce de Léon : reconquérir la jeunesse et, avec elle, le monde. La poésie sert de programme à une importante partition en trois mouvements dans laquelle l'épopée est traitée avec un humour certain. Après les longues péripéties du premier mouvement, une belle et naïve « Aria » débouche sur un final solennel et volontairement pompier (« Marche funèbre, Maestoso-Grandioso ») : les ambitions du conquistador et sa fin faussement héroïque sont tournées en dérision par celui qui ne fut qu'un modeste « poilu » pendant les cinq années de la Grande Guerre encore proche (l'oeuvre date de 1921).
Il en existe une version pour violon et octuor. -
Sonate en la mineur ; le lis ; pour piano et violon
Lucien Durosoir
- Megep
- 1 Octobre 2003
- 9790707051115
Cette sonate pour piano et violon (on notera l'ordre très beethovénien d'énoncé des deux instruments) date de 1921, période extrêmement prolifique pour Lucien Durosoir, récemment revenu de la guerre. Cette oeuvre nous immerge d'emblée dans le style le plus mature du compositeur (« dès mes premiers essais, je donnerai des fruits mûrs », écrivait-il à sa mère durant la guerre). Harmonie tourmentée, superposition de rythmes contraires, vertige de la difficulté, thèmes inquiets voire angoissés débouchant sur une séquence d'une allégresse irrépressible : c'est comme si la vie et la mort se livraient, par la voix des instruments, un combat sans merci. Mais toujours l'espoir y resurgit, fût-il fugace et presque insaisissable.
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C'est le second quatuor du catalogue, composé en 1922 ; il est dédié à Marcel Armengaud, industriel ami du compositeur, excellent violoniste amateur. Trois mouvements contrastés mais également lyriques. L'obsession expressionniste qui caractérise l'écriture de Lucien Durosoir touche ici à chaque détail : forte individualisation de chaque discours instrumental, abondance des mentions de caractère interprétatif, nuances extrêmes et rythmes opposés ; ces caractéristiques gagnent même la « Berceuse » centrale, déchirée entre un « Adagio » de « morne désespérance » et des épisodes rapides qui culminent dans l'« Allegro giocoso ». Une oeuvre qui devrait faire date dans son époque.
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Brève pièce pour piano (1923). Le cadre légendaire est créé d'emblée par l'atmosphère lointaine et mystérieuse ; puis l'écriture s'anime, comme la voix d'un conteur qui évoquerait de hauts faits. Le temps d'un rêve et l'épopée s'efface, ne laissant que son souvenir...
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Composée en Provence de mai 1924 à janvier 1925, cette oeuvre affirme les caractères de fougue, de passion, de violence contenue qui caractérisent la manière du compositeur dès le début, en même temps que cet esprit élégiaque, tendre et intimiste qu'il affectionne particulièrement. Au cours des trois mouvements fortement singularisés, l'abondance du matériau musical et de ses remaniements multiples signale une imagination bouillonnante, un esprit toujours insatisfait, des propositions toujours remises en cause.
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Ce quatuor d'instruments à vent date de 1925 ; il réunit la flûte, la clarinette, le cor et le basson dans un équilibre d'écriture et de jeux mélodiques comparable à celui des quatuors à cordes de l'auteur. La forte caractérisation des discours individuels s'exerce ici plus encore que chez les cordes. L'unique mouvement de l'oeuvre est traversé de multiples épisodes rythmiques et de tempi contrastés. Oeuvre au caractère changeant mais d'une forte cohérence, elle intéressera les instrumentistes aguerris et curieux d'une pensée musicale singulière en son temps.
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Composée en 1926, cette sonate comporte trois mouvements ; elle n'en est pas académique pour autant. « J'ai embrassé l'aube d'été » : la poésie d'Arthur Rimbaud qui lui tient lieu d'exergue est traversée de visions extravagantes. De l'aube à midi, le musicien suit les folles errances du poète qui, sans être un programme, fondent véritablement ses idées musicales. L'extrême complexité de l'écriture pianistique tient lieu de pinceau et de palette aux multiples couleurs, muant l'ombre profonde en lumière éclatante. L'originalité du compositeur porte haut les couleurs du génie du poète dans ce fabuleux baiser à la nature.
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Oisillon bleu ; bref poème pour violon et piano (1927)
Lucien Durosoir
- Megep
- 1 Octobre 2003
- 9790707051269
« Oisillon bleu, couleur du temps
Tes chants, tes chants
Dorlotent doucement les coeurs
Meurtris par les destins moqueurs »
De ce délicat programme poétique signé de Jean Moréas, Lucien Durosoir semble n'avoir voulu retenir que les moqueries du destin et l'insoutenable légèreté de l'oiseau ; les mélodies confiées au violon, les traits du piano n'ont que la fantaisie pour logique et échappent à toute prévision raisonnable. -
L'oeuvre date de 1927 et s'inscrit dans la période de plus grande production de Lucien Durosoir. Le compositeur a alors déjà achevé deux quatuors, un quintette et plusieurs oeuvres symphoniques (Poème, Dejanira, Le Balcon). Le trio est composé de trois mouvements dont le second porte en exergue trois vers de Jean Moréas évoquant une atmosphère crépusculaire. Le style du compositeur, très personnel et mûr dès ses premières oeuvres, n'a cessé de s'affirmer d'année en année. Le Trio en si mineur témoigne de cette maturité et de cette autorité de l'écriture. Destiné à des interprètes aguerris, ce trio devrait bientôt prendre la place qui lui revient dans la musique française de l'entre-deux guerres.
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Composée sur une poésie de Jean de la Tailhède, cette mélodie, la première des deux mélodies du catalogue, date de 1930. Le poème est lourd de ces symboles douloureux dans lesquels Lucien Durosoir retrouve son expérience humaine. L'avenir y est par avance empli d'amertume ; et pourtant, la lumière des souvenirs du temps de l'innocence et des joies enfantines l'éclairera peut-être. Tandis que le piano s'enfonce dans le trouble et l'inquiétude, la voix dit l'innocence et la naïveté, parfois même une joie fugitive... à moins que ce registre aigu et presque douloureux qui évoque « la mer périlleuse et joyeuse » ne dénonce aussi la menace de ses profondeurs.
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Divertissement, maïade, improvisation ; trois pièces pour violoncelle et piano (1931)
Lucien Durosoir
- Megep
- 1 Octobre 2003
- 9790707051344
Le 21 avril 1931, Maurice Maréchal écrit à Lucien Durosoir : « Bien reçu les deux parties. J'ai déchiffré immédiatement la mienne au cello et j'ai pensé violoncellistiquement que vous ne manquez pas d'ironie d'appeler cela Divertissement et musicalement que c'en est un, charmant... pour l'auditeur ! Mais Bon Dieu que c'est difficile ! »
Très difficile, en effet, cette trilogie ; et le défi technique n'épargne pas le pianiste ! L'éditeur a pourvu de parenthèses les notes que le violoncelliste peut éventuellement éliminer. Les interprètes ne regretteront pas leur peine en découvrant cette oeuvre d'une très grande beauté et d'une indéniable originalité. -
Ce sont en réalité deux mouvements que regroupe cette apparente trilogie, l'Interlude s'enchaînant sans rupture à un Prélude de 23 mesures. L'aspect très personnel de l'écriture pianistique de Lucien Durosoir se montre ici dans toute sa singularité. Le jeu instrumental complexe est mis au service d'une occupation constante d'un très vaste espace sonore. Les tonalités chargées de bémols (Prélude et Interlude) se marient aux rythmes recherchés pour varier à volonté l'atmosphère sonore. La Fantaisie entraîne les deux pianos dans une joute animée et joyeuse où chacun tente de voler à l'autre la substance de son discours.
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Écrit en 1933-1934, c'est, en même temps que le troisième et dernier quatuor à cordes du compositeur, une de ses oeuvres les plus accomplies. La forme n'a rien de classique : bien que chacun des trois mouvements illustre un ethos particulier, le caractère dominant de l'oeuvre est la fougue, la passion, parfois jusqu'à l'outrance (le « Rapide et fiévreux. Halluciné » du premier mouvement). L'art de chaque instrumentiste est sollicité dans ses registres les plus subtils ; des trouvailles permettent des sonorités rares ; tantôt élégiaque, tantôt brutal ; le groupe des cordes porte ici jusqu'à l'extrême la solidarité et la cohésion qui fondent traditionnellement le genre. Incontestablement, une oeuvre magnifique.
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Le piano et l'alto communient dans la spiritualité de cette pièce brève (1934). L'auditeur entend la voix profonde de l'alto lui dire sa prière apparemment simple et naïve. Les interprètes, quant à eux, rencontrent une oeuvre complexe, dense, jamais virtuose mais pleine de subtiles embûches qui les entraînent au coeur d'une écriture étonnamment personnelle et moderne.
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Cette pièce mérite pleinement son titre de Berceuse. La flûte, même si elle s'évade parfois vers un registre très aigu accompagné de rythmes espiègles, ne se départit jamais vraiment de sa douceur rêveuse ; la poésie du clavier s'exprime tantôt par de longs trilles, tantôt par de calmes et vastes arpèges, ou encore par des épisodes plus flous, superpositions de rythmes pairs et impairs qui favorisent l'errance de la pensée.
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Pour qui connaît la côte sauvage du sud-ouest, cette pièce pour flûte et piano (1935) sera une peinture. Le corps à corps de la flûte et du piano évoquera sans nul doute les stridences du vent, l'inlassable redressement des chardons courbés sous la tempête, l'acharnement des éléments contre eux-mêmes, dans l'indicible poésie d'une nature libre où le regard n'a d'autre limite que l'horizon.
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Ces trois pièces brèves furent dédiées par Lucien Durosoir à la mémoire de son ami organiste Georges Rolland. Comme d'autres dédicataires, Georges Rolland avait été le compagnon d'armes du compositeur pendant les premiers mois de la Grande Guerre, dans l'épouvante des tranchées. Hommage au contrepoint, jeu de réécriture, ces Préludes se rattachent à la tradition du répertoire pour le clavier et proposent une vision limpide de l'écriture organistique.
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Incantation bouddhique ; pour cor anglais et piano (1946)
Lucien Durosoir
- Megep
- 1 Octobre 2003
- 9790707051467
Composée pour cor anglais et piano (1946), cette pièce est aussi proposée en transcription pour la clarinette et pour le saxophone, instruments auxquels elle se prête parfaitement. Ses étranges tournures mélodiques, ses rythmes tout à la fois abrupts et tendres, le dialogue inquiet de l'instrument soliste avec le piano confèrent à cette oeuvre d'une écriture hautement originale une grande et très poétique singularité.